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Les veillées ramadhanesques «accentuées» en dehors des espaces de shows Après cinq jours de jeûne



Les veillées ramadhanesques «accentuées» en dehors des espaces de shows                                    Après cinq jours de jeûne
Photo : N. Hannachi
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi

Sur papier, les activités artistiques nocturnes, vouées aux soirées de Ramadhan s'arrachent une place. Mais, en réalité, la ruée vers les espaces d'expression reste en-dessous des attentes en cette fin de première semaine du mois sacré. Une tradition constantinoise «La deuxième huitaine sera beaucoup plus animée avec l'entrée en scène de plusieurs artistes connus à l'échelle du monde arabe», tempèrent les responsables du secteur culturel. L'animation ramadhanesque a été activée, à Constantine, deux jours après le
début du jeûne. Elle s'étalera jusqu'au 16 août. A cet effet, une grille variée touchant presque à tous les goûts a été concoctée conjointement par la wilaya, la direction de la Culture, le théâtre régional ainsi que l'office communal de promotion culturelle et artistique. La particularité de cette année demeure le jubilé de l'indépendance nationale, ce qui a ajouté un temps fort et surtout des moyens colossaux pour accoucher de programmes proposés en plusieurs variantes. La fresque «Les héros du destin» qui devait débuter hier et prendre fin demain, vendredi, agrémentera ce Ramadhan tombé au c'ur du demi-centenaire de la liberté. En parallèle, le théâtre de verdure Mohamed-Ouchen, sur les hauteurs de Zouaghi et le stade Benabdelmalek s'alternent pour accueillir de multiples soirées battant allegro avec, notamment, la production de chanteurs étrangers, tels que Yara, du Liban ; Saber Ribaie, de Tunisie ; Hatem Iraqi, de l'Iraq ; Maalouma, de Mauritanie ; Daoudi, du Maroc ; épaulés par des figures artistiques, locales telles que Bramki Hassen, Hakim Salhi, Righi Abbès tandis que le théâtre régional tempère l'ambiance avec des prestations adoucies par le chant andalou, chaabi mais quand même rythmées, parfois, par des troupes de Aïssaoua, sans omettre des productions du 4e art venant, entre autres, des wilayas de Skikda (El Malikou Yalaab), de Bougie (Lalla wa El Sultane), d'Oran et de Tizi Ouzou avec, respectivement, ces deux pièces intitulées el Hasla et Thaman el Houria. Le théâtre de Constantine a présenté sa dernière 'uvre «el Kaftan» durant les
22, 23 et 24 juillet. «Nous allons effectuer une tournée à l'Est, laquelle englobera 9 représentations au cours desquelles la pièce
El Kaftan sera présentée à Batna, Jijel, Sétif, Tebessa, Annaba, El Taref'» a précisé le responsable du TRC. Néanmoins, le rush vers les salles de spectacles n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière en cette première semaine, malgré le climat rafraîchi le soir, ces quatre derniers jours. Au terme de ces cinq nuits, le public n'a pas été nombreux à suivre les spectacles proposés, notamment dans le beau théâtre de Constantine.

Avec une qualité des shows, les chaises des salles seraient toutes prises'
Au TRC, la fréquence n'aura pas dépassé les 100 personnes par soirée. Mais, selon le directeur de cet organisme, M. Ramdani Abdelhamid, en l'occurrence, c'est une tradition constantinoise : «Au fur et à mesure que des familles et autres adeptes prennent goût aux veillées.» Sur un autre registre, les entrées gratuites au TRC n'encouragent pas la population à s'y cantonner. Malgré ces largesses prodiguées pour inciter à suivre un spectacle, au choix, sans bourse déliée, les citoyens font l'impasse.Faudra t-il instaurer une autre stratégie pour captiver l'auditoire ' Cela passera inéluctablement par des scènes de qualité, assorties de haut professionnalisme. Dans ce cas, avec une qualité des shows, les chaises des salles de spectacles seraient occupées bien au-delà de la moyenne. «La culture d'entrée libre fragilise quelque peu les soirées», estime un artiste local. Et faire payer les entrées entraverait les mélomanes à bourses modestes. Une alternative difficile à équilibrer, d'autant plus que la culture locale vit sa traversée du désert. Mais, de l'avis de certains observateurs, il est impératif de s'orienter vers la formation, notamment en milieu théâtrale. Du moins, cette question a été soulevée, maintes fois, par la commission nationale, artistique en présence de madame la ministre de la Culture et des différents directeurs du TR. Mais aucune suite n'est donnée aux multiples appréhensions quant au devenir des planches. Une école de formation ou un substitut cyclique de perfectionnement doit être mis sur pied afin de générer des prestations de qualité. Aussi, est-il question de revoir les critères d'accès au monde du quatrième art pour encourager ses férus à mieux investir les planches. «On ne fait que dans la traduction des 'uvres universelles», avouera un comédien. Ce qui devrait être conforté par des productions propres à des scénarios algériens. Mais cela passera inéluctablement par un cursus pour faire retentir les planches et tenir en haleine le public. D'où ce dialogue tant recherché entre le TRC et son fidèle public. Au final, la conversation serait sujette à contribution, fut-ce en un coût symbolique pour ne pas banaliser les 'uvres. «Mais cela s'acquiert avec le temps'», notera le responsable du théâtre.
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