Constantine - A la une

Les traders de l'économie nationale Edito : les autres articles



Les traders de l'économie nationale Edito : les autres articles
Le contentieux financier opposant le maître d'ouvrage algérien du tronçon autoroutier Constantine-Skikda au partenaire japonais Cojaal relatif au versement de son dû et qui semble avoir trouvé une solution, à en croire les dernières déclarations du ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, est du plus mauvais effet pour drainer les investissements étrangers dans notre pays. Selon les explications livrées par la partie algérienne, ce hiatus, qui a engendré un arrêt du chantier suite à la grève déclenchée par les travailleurs et la suspension des activités des sous-traitants pour les retards de versement des salaires et paiement des prestations fournies, est imputable au consortium japonais qui n'aurait pas respecté la procédure administrative pour la libération des fonds.
Ce dernier, qui refuse de s'exprimer sur ce litige après l'avoir médiatisé et fait dans la surenchère en gelant les travaux du chantier pour forcer la main aux pouvoirs publics, observe paradoxalement un silence embarrassé depuis que le Premier ministre, M. Sellal, s'est saisi du dossier. Le partenaire japonais a-t-il compris un peu mieux l'enjeu stratégique et politique de ce projet dans cette conjoncture pré-électorale, où la pointeuse des réalisations est sollicitée à tour de bras ' Le profil bas adopté subitement par ce partenaire est sans nul doute dicté par le souci de se préserver sur le marché algérien, particulièrement juteux, dans une conjoncture économique mondiale en pleine récession et une rivalité de plus en plus féroce pour l'accaparement des marchés.
Ce grain de sable qui a provoqué des ratés et des retards dans l'état d'avancement du projet sera certainement porté au discrédit de ce partenaire à la fin du chantier, lorsque viendra le moment de solder les comptes. Le consortium japonais est accusé d'avoir failli à ses obligations contractuelles. Ce projet n'a pas manqué de porter un grave préjudice à l'image de l'Algérie à l'extérieur, présentée comme un mauvais payeur et un partenaire peu recommandable. Sans vouloir accabler les Japonais dont la frilosité en matière de communication ne permet pas d'avoir une appréciation exacte de la situation de ce projet et sans vouloir tirer des conclusions générales à partir d'expériences qui auraient mal tourné ou qui ne se seraient pas déroulées comme souhaité par les pouvoirs publics, cela ne dédouane pas la responsabilité pleine et entière de l'Etat algérien dans cette affaire.
Quand on voit tous les litiges opposant des entreprises algériennes et l'Etat au capital étranger ' dont le plus médiatisé : le dossier Djezzy ' nécessitant pour certains dossiers lourds le recours aux arbitrages internationaux, quand on voit également les scandales de corruption dans lesquels sont impliquées des entreprises étrangères opérant en Algérie, à l'image de l'italienne Saipem-ENI et de la canadienne SNC-Lavalin, c'est toute la politique des investissements étrangers qui est posée. Et qui doit être repensée et conduite au mieux des intérêts de l'Algérie et non au profit de personnes et de clans qui se comportent en traders insatiables de l'économie nationale.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)