Une campagne électorale pour les prochaines législatives dans la wilaya deConstantine qui compte douze communes, c'est tout de même la bagatelle de 500millions de centimes. Un financement qui ne doit pas poser en principe de grosproblèmes pour des grosses cylindrées comme le FLN, le RND ou le MSP, du moinssi l'on admet que ces formations politiques disposent d'un réservoir conséquentde militants prompts à mettre la main à la poche. Mais c'est quand même plusd'une vingtaine de milliards à réunir pour les 48 wilayas du pays si l'on saitque même en rognant sur les coûts, un parti peut difficilement descendre sousla barre des 300 millions de centimes pour la plus modeste des wilayas.Regardons ce que dit la loi à propos de ce financement dans la course à ladéputation. Nous lisons dans son article 185 que les campagnes électorales sontfinancées aux moyens de ressources provenant de la contribution des partispolitiques, de l'aide éventuelle de l'Etat, accordée équitablement, des revenusdu candidat. L'article 189 précise que les dépenses de campagne pour chaqueliste aux élections législatives sont plafonnées à cent cinquante mille dinars(150.000 DA) par candidat. Interrogés, des candidats du FLN par exemple nousdiront que la participation du parti à leur campagne électorale sera vraimentminime. Un de ces candidats nous dira qu'elle n'atteindra pas 10%. Au RND cen'est guère mieux, tout au plus si cette formation politique remboursera unepartie des dépenses engagées par les candidats une fois l'argent promis parl'Etat dans les caisses. A ce propos, la loi électorale dans son article 190dit que les listes des candidats aux élections législatives ayant recueilli aumoins 20% des suffrages exprimés peuvent obtenir un remboursement de 25% desdépenses réellement engagées dans la limite du plafond autorisé. Autrement ditun candidat à la députation ne peut prétendre, bien-sûr si sa liste obtenait20% des suffrages exprimés, qu'à moins de 4 millions de centimes. Si on prendl'exemple d'une tête de liste à Constantine d'un parti en lice à l'enverguremodeste qui s'est engagé avec sa formation politique à financer personnellementsa campagne électorale, on est loin des 4 millions de centimes, même très loin.Le candidat en question nous dira qu'il s'est déjà attelé à louer dans lesdouze communes de la wilaya de Constantine un local pour la campagneélectorale. En chiffres, cela donne une vingtaine de millions de centimes.Signalons que ce candidat reste conscient qu'il est pratiquement le seul sur laliste de sa formation à avoir des chances d'accéder à la députation, étant ditque le parti auquel il appartient n'a pas de grosses prétentions dans ceslégislatives face aux grandes formations. Ce qui voudra dire qu'il y aura unefrilosité certaine, sur la question argent chez ses colistiers. Autant direqu'il va engager financièrement pratiquement en solo la campagne électorale. Ilestimera ses dépenses pour cette campagne à près de trois cent millions decentimes. Dans le détail, il nous parlera de 10.000 affiches, de près de 20.000autocollants, autant de tee-shirts, de casquettes. Il nous parlera également deprès d'un millier de jeunes rétribués à 1.000 dinars/jour qui se chargeront decoller des affiches et distribuer des autocollants, casquettes et tee-shirts.Ceci sans oublier d'autres dépenses relatives au travail de proximité quisuppose une multiplication des réunions qui nécessitent de l'argent. Au FLN onparle volontiers d'autofinancement de la campagne électorale. Reste tout demême à savoir si tous les candidats de la liste devraient débourser à peu prèsles mêmes sommes. Incontestablement, nous dit-on, les derniers de la liste nevont pas trop se casser la tête ou encore se démener pour ameuter les amis etconnaissances. Il est vrai que le FLN a de grandes prétentions à Constantine,mais il arrivera difficilement à rafler la mise. Les mal lotis des candidatsFLN ne sont pas sans savoir qu'ils vont tirer un coup à blanc. Ce qui n'est pasle cas des premiers de la liste et particulièrement le candidat qui la conduit.Et à tout seigneur, tout honneur, même si c'est au détriment de la bourse. Carc'est assurément à la tête de liste de compter le plus de billets de banques.Au FLN, côté locaux, le problème ne se pose pas. Les kasmas sont là pour servirde sièges de campagne dans les différentes communes. Mais c'est tout de même 10.000affiches et le double ou le triple de ce nombre en calendriers, dépliants, etc.qu'il faudra payer. C'est le même topo au RND, ce n'est sûrement pas le tête deliste qui va regarder à la dépense. A première vue, sa participation financièrepeut valoir dix fois plus que celle du 7e, 8e ou 9e de la liste. Le parti deOuyahia a prévu à Constantine 10.000 affiches de candidats, 50.000 prospectus,150.000 autocollants, 30.000 tee-shirts. Faites le compte. Reste à dire que laloi électorale impose un véritable chemin de croix pour le remboursement descandidats. Dans son article 191, cette loi dit que le candidat est tenud'établir un compte de campagne retraçant, selon l'origine et selon leurnature, l'ensemble des recettes perçues et dépenses effectuées. Ce compteprésenté par un expert-comptable ou un comptable agréé est adressé au Conseilconstitutionnel. En cas de rejet du compte decampagne par le Conseil constitutionnel, il ne peut être procédé auxremboursements prévus aux articles 188 et 190 de la présente loi.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed-Salah Boureni
Source : www.lequotidien-oran.com