Constantine - Revue de Presse

Les tables du f?tour (5)



Si l?homme était une voiture, l?estomac serait au cerveau ce que la batterie est au klaxon, a vaguement conclu un ami mécanicien, en hypoglycémie aiguë quelques minutes avec l?heure fatidique du f?tour. Hier, grâce à un voisin ex-imam de quartier qui a réussi en politique, je me suis fait inviter chez Abdallah Djaballah pour un nouveau f?tour de Ramadhan. Mon éternelle boîte de qelbelouz sous la main, je suis arrivé un peu en avance chez le leader islamiste qui m?a lui-même ouvert la porte blindée. Après les politesses d?usage, nous nous sommes installés dans le salon renforcé à l?abri des regards et nous avons discuté. Par décence et respect, je n?ai pas osé poser le problème du statut de la femme, nous avons donc préféré parler des animaux en général et de la faculté des girafes à se pencher sur des problèmes pratiques quand le besoin s?en faisait sentir. Puis nous sommes passés à table, après une rapide prière du maghreb, accélérée en mon honneur. Le menu était simple et traditionnel : des dattes espagnoles et du lait turc, accompagnés d?une chorba aux pois chiche mexicains et d?un l?ham h?lou aux pruneaux français ainsi que d?une douzaine d?hommes tous barbus, qui mangeaient sans rien dire, la tête dans leurs assiettes. Le repas s?est déroulé sans incident notable et, à la fin, après un thé chinois à la menthe, nous avons abordé quelques sujets d?actualité, dont la gestion du foncier au temps de Omar Ibn Khattab et la crise du logement dans le Constantine de l?époque hafside. Puis nous avons pris le café, sans sucre, et quelques gâteaux, sans amande. Abdallah Djaballah m?a poliment invité à une séance de tarawih, mais j?ai gentiment refusé, prétextant un problème de genoux. J?ai récupéré ma boîte de qelbelouz et, en sortant, j?avais encore faim. Je suis donc allé manger quelques saucisses hallal en pensant à demain. Le f?tour chez qui ?
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