De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Le CHU Benbadis et les centres de soins à Constantine ont grand besoin d'un changement de mentalités, notamment en matière d'accueil. Le sourire «apaisant et accueillant» a déserté les établissements hospitaliers. Pourtant, la réforme hospitalière vise également le changement des mentalités.Or, dès que le malade franchit le portail principal, c'est la galère. Point de considération envers les patients qui se retrouvent face à un personnel froid. Débordé par le rush incessant des populations limitrophes, le CHU sacrifie une donne assez importante et nécessaire. Celle d'accueillir les gens avec un rien d'humanisme. Ce n'est pas une excuse dès lors que la charte du milieu consigne quelques détails sur le bon accueil. «Malheureusement, c'est ce qui nous manque dans les hôpitaux», regrette un cadre de la santé. Un déficit qui tarde à être comblé alors que le personnel a été satisfait en matière de revendications socioprofessionnelles. Du moins ce qui pourrait lui permettre d''uvrer avec un minimum d'attention à l'égard des malades. «On ne cesse d'inculquer aux paramédicaux les gestes recommandés qui font partie du travail. Mais il ne faut pas généraliser. Il y a des infirmiers et infirmières qui, en plus de leur travail bien accompli en matière de soins médicaux, assistent les malades dans plusieurs situations», ajoute notre source. Si l'on se réfère au code de déontologie paramédicale on y trouve plusieurs alinéas dont ceux consacrés à la prise en charge du malade. «Le paramédical doit traiter avec la même conscience tout malade quelles que soient son origine, sa situation sociale'» C'est une obligation consignée dans la charte mais, dans la réalité les malades se plaignent souvent de l'accueil froid et méprisant de la part de quelques personnels de la santé. Un urgentiste au CHU Benbadis répond : «On met tout le temps le corps médical au banc des accusés. Mais on oublie qu'il y a des patients pas commodes du tout. Au lieu de laisser le paramédical ou le médecin accomplir son travail, on entend des vertes et des pas mûres contre le personnel soignant.» Pour autant, ces comportements inciviques de certains patients ou parents de malades ne peuvent justifier celui d'un personnel censé faire preuve de compréhension et d'humanisme. A vrai dire, la tutelle a engagé un vaste chantier pour mettre aux normes le fonctionnement de la santé nationale. Sauf que la donne managériale manque. Des responsables du secteur avouent enregistrer un retard dans la mise en conformité de la gestion des hôpitaux. «Une option qui devra se matérialiser avec le concours des gestionnaires et du corps médical si l'on veut asseoir la bonne gouvernance au sein des hôpitaux», estiment des résidents. «Le profil approprié est à chercher chez les responsables qui ont, en plus des compétences, une conscience professionnelle», commente une source hospitalière qui tire à boulets rouges sur «la passivité et l'insouciance qui planent dans le secteur sacrifiant du coup la santé du patient». En somme, les hôpitaux devraient eux aussi faire un check-up qui concernerait aussi bien le corps médical que paramédical, travailleurs et agents pour que ces établissements soient à la hauteur de leur mission et offrent aux malades les services et soins qu'il attend.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com