
En 2014, la Chine est montée à la première place du podium des pays fournisseurs de l'Algérie. Une position qui renforce l'émergence du phénomène « Chinafrique », Pékin étant devenue, depuis 2009, le premier partenaire économique du continent africain. C'est dans la perspective d'étudier les caractéristiques de la relation économique sino-algérienne que s'est ouvert, hier, à la faculté des sciences économiques et de gestion de l'Université Constantine 2, le colloque international qui s'étale sur deux jours : « La Chine en Algérie : entre économie mondialisée et développement local ». « Les relations économiques et commerciales entre l'Algérie et la Chine ont connu un essor impressionnant. Des investissements directs, des entreprises, des flux commerciaux, une main-d'œuvre chinoise mais aussi une géostratégie d'ensemble en Afrique interpellent et même inquiètent les acteurs hégémoniques de la mondialisation et soulèvent des questionnements importants sur cette intrusion forte de la Chine dans l'économie mondiale d'aujourd'hui », a souligné l'universitaire Abderrezak Adel. La tenue de ce colloque est principalement motivée par l'organisation de l'atelier de février 2013 consacré à « la présence chinoise en Algérie » à la Maison des sciences de l'homme de Paris-Nord, et qui s'est penché sur le dynamisme des relations sino-algériennes de ces dernières années. Deux des initiateurs de cette rencontre de Paris, l'économiste Fatiha Talahite, de l'Université Paris 8, et Thierry Pairault, socio-économiste, sinologue et directeur de recherche émérite au CNRS de Paris, ont été invités à ce colloque. Thierry Pairault, spécialiste des relations Chine-Afrique, a choisi d'examiner l'accélération soudaine des relations économiques entre les deux pays, s'appuyant sur des chiffres et des données récoltés auprès des Douanes algériennes ou des institutions publiques et qui reflètent l'étendue de cette coopération si particulière. Il indiquera, par exemple, que 18 des 400 plus grandes entreprises publiques chinoises sont présentes en Algérie, ou encore que dans le domaine de la prestation de services, sur les deux tiers des projets achevés en Afrique entre 2003-2013, l'Algérie occupe la deuxième position après l'Angola. On apprend également que depuis 2013, 60% des importations algériennes de produits chinois concernent les machines et matériel de transport, tandis que la part des produits chimiques, des combustibles et des produits alimentaires est quasiment insignifiante par rapport à l'importation auprès des pays européens. Une tendance passagère appelée à changer à moyen terme, parce que d'abord la Chine s'est lancée dans un processus pour revoir la qualité de ses produits, selon Pairault, mais aussi du côté algérien, les investissements ne se font plus en termes de démarche sociale mais on cherche plutôt d'autres priorités liées à la qualité, comme ce fut le cas dernièrement lorsque le ministère de l'Habitat a délégué la construction de logements à des entreprises européennes. Quant à Fatiha Talahite, elle indiquera que malgré tous les chiffres avancés sur la relation sino-algérienne, l'Algérie n'a pas et n'aura sans doute pas l'intention de lâcher ses partenaires économiques traditionnels, tels que l'Europe et les USA. Selon elle, les importations chinoises, comme dans le reste du monde, servent à alimenter un besoin social plus qu'autre chose. Toutefois, elle expliquera que l'Algérie n'a pas su exploiter ses relations privilégiées et historiques avec la Chine pour profiter pleinement de l'expérience de ce géant économique, comme l'ont fait les Marocains et les Tunisiens.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kaïs Benachour
Source : www.horizons-dz.com