Photo : M. Hacène
De notre correspondant à Constantine
Abdelhamid Lemili
Les années comme les mandats se suivent et se ressemblent pour les élus, qu'ils appartiennent à l'APC ou à l'APW. Les promesses électorales sont immuables, avec cette particularité d'être rarement honorées. Les élections locales de novembre prochain ne vont
évidemment pas déroger à la règle, et les partis politiques vont s'évertuer à préparer les thèmes de leurs campagnes en croyant faire preuve, par comparaison les uns et les autres, de plus d'intelligence en ciblant des catégories sociales bien précises et en leur promettant la matérialisation de leurs espérances. A Constantine, et au-delà des engagements électoralistes tous azimuts, nous retenons celles qui consistent à appâter, ou du moins c'est ce que pensent partis et candidats, une partie, au demeurant, la plus importante de l'électorat : les jeunes. Qu'est-il fait comme promesse récurrente à leur endroit ' La multiplication des aires de jeu, la réalisation de bassins et piscines, la réouverture des salles de cinéma. Une fois les élections passées, les élus installés, ces engagements, bien entendu, s'en vont à vau-l'eau. Les jeunes lesquels, heureusement, ont très peu vocation à aller voter dans la ville des Ponts, continueront à user leurs semelles sur les terrains vagues accidentés ceinturant les tristes cités où ils résident. Sinon, les cours d'immeubles, mi-asphalte mi-herbe sauvage, feront l'affaire, d'autant plus que les footballeurs en question, à partir des balcons, auront leurs parents, leurs petites amies pour spectateurs. Il en sera de même pour les bassins, comme la réouverture de la
séculaire piscine de Sidi M'cid, rouverte une année sur cinq, c'est-à-dire juste le temps d'une pompeuse inauguration, très vite suivie d'une fermeture pour amélioration des conditions d'accueil et qui restera, finalement fermée, jusqu'à la prochaine mandature des APC-APW. Les palliatifs existent heureusement, ils consistent, pour les adolescents, en une virée de 80 kilomètres vers la plage la plus proche et, pour ceux qui n'en ont pas les moyens ou l'âge, un plongeon dans le bassin accueillant le jet d'eau du'centre-ville, car même les oueds sont infréquentables pour ne pas dire dangereux en raison des eaux sales et chargées de produits toxiques et de rejets plus dangereux les uns que les autres des unités industrielles environnantes. Restent, enfin, les salles de cinéma. Elles sont pratiquement fermées depuis 1995, avec le tarissement de la distribution de films. Sur la dizaine de salles aucune ne fonctionne, même si au début des années 2000 un distributeur privé est parvenu à en redynamiser deux, en l'occurrence celle du palais de la culture et la maison du même nom, en y projetant les films les plus récents à la faveur d'un contrat exclusif qu'il détient auprès d'une major américaine. La majorité FLN, installée à l'APC de Constantine, s'était engagée à rouvrir au moins trois salles et à les doter des conditions idoines de
fonctionnement dans le trimestre qui suivait son élection. Cinq années plus tard, celles-ci sont toujours fermées. La seconde majorité, FLN toujours, ne fera pas mieux et à une question posée au vice-président chargé des affaires sociales, culturelles et sportives, elle se singularisera, via ledit interlocuteur, par une proposition renversante : transformer les cinémas en salles des fêtes. Autrement
dit le chemin le plus court pour faire la bamboula et enterrer ce qui restait comme vestige de la culture. Avec une telle vision, qu'attendre alors des prochaines élections et surtout des propositions des candidats ' Vraisemblablement rien, car il demeure entendu que les promesses n'engagent que ceux qui y croient et non pas ceux qui les font.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com