De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Lorsque Omar Diab, porte-parole du collectif qui a conçu et organisé l'événement à Bruxelles, l'émotion était, déjà, à son paroxysme. L'intervenant, un élément actif du mouvement associatif belgo-algérien, se veut, pourtant, un «simple relais», «une compétence au service des autres», de ceux qui ont vécu la tragédie, la répression, le crime.
Les autres, vieux maquisards, éléments actifs ou de la direction d'alors de la Fédération de France du FLN, des Algériens sortis, ce jour-là, à l'appel du Front, de la Djebha pour braver l'interdit et tout simplement clamer, haut et fort, dans Paris, Vive l'Algérie, Tahia El Djazaïr. Parmi eux, Meziane du nord de la France, arrivé en Hexagone en 1952 et présent lors du massacre de 1961. «J'avais 17 ans», dira-t-il, la voix serrée par le souvenir et les images du souvenir empêchant la maîtrise de la chronologie exacte. N'empêche ! Meziane, comme Lahbib Rahou, ancien de la Fédération de France du FLN, comme Mohamed Felidj, président de l'Association FLN Belgique, comme Cherifi, comme tous les autres, apporte un témoignageclé, précieux. Corroboré, d'ailleurs, par le documentaire «Le silence du Fleuve» (Agnes Denis et Mehdi Lallaoui - 1991). Juste avant, les présents, nombreux, ont pu visionner les stupéfiantes photos prises par Elie Kagan lors de cette journée du massacre. Pour rappel, grâce à l'acte héroïque de Elie Kagan, Jean Clay a pu produire «Octobre à Paris», diffusé juste avant la proclamation de l'indépendance mais sous le manteau. Pierre Vidal Naquet s'en inspira pour rédiger la préface du livre de Paulette Peju sur cette nuit de l'horreur. Pour autant, et beaucoup d'intervenants le rappelleront lors des débats autour de la célébration du 17 Octobre 1961 à Paris et aussi en Province (témoignage / Meziane - Nord-Pas-de-Calais, présent à Bruxelles), l'initiative ne doit pas être qu'émotionnelle, sans lendemain, jusqu'à Octobre prochain, puis l'autre, puis le suivant. Non, «il faut, comme le relève, à juste titre, Latifa Gadouche, du mouvement associatif, créer un lobby, des groupes de pression pour faire reconnaître, officiellement, et sans ambages, la responsabilité historique de la France dans le massacre». Pour arriver, dira un autre intervenant, «à des excuses en bonne et due forme» et, pourquoi pas, «la réparation».D'autres présents ont relevé les initiatives du maire de Paris Bertrand Delanoë», initiatives allant dans le bon sens, la direction juste. Comme celle consistent en l'inauguration d'une stèle commémorative en hommage aux Algériens jetés dans la Seine le 17 Octobre 1961 sur ordre du préfet Maurice Papon, nommé à ce poste en provenance de Constantine. Maurice Papon, au CV criminel fourni lors des déportations des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, a été sélectionné par le pouvoir politique de l'époque «grâce» à ses états de service. Bilan : de trois cents à quatre cents (300 à 400) morts et des milliers d'arrestations. Cependant, des historiens sérieux, français pour la plupart, revoient ce chiffre du crime à la hausse. Qu'importe le nombre des massacrés, des victimes du carnage ! Le plus important selon Mustapha Tayebi, député zone III - Europe, «est de croire nos vieux militants», «d'accepter leurs témoignages», «d'acter leur vécu». Donc selon M. Tayebi, il n'y a aucun espace pour le doute, en l'occurrence. La salle de conférences du consulat d'Algérie à Bruxelles, lieu du rassemblement, fait écho aux propos du député comme pour «empêcher l'oubli d'être le complice de la récidive».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A M
Source : www.lesoirdalgerie.com