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Les mathématiques maghrébines, un sujet qui passionne



Les mathématiques maghrébines, un sujet qui passionne
Il y a quelques années, le thème des mathématiques maghrébines dans le monde arabe commençait à passionner de nombreux chercheurs, que ce soit parmi les mathématiciens universitaires ou historiens des sciences. Les débats sur le rôle des savants maghrébins dans la production et le transfert des mathématiques vers l'Europe et l'orient sont devenus les thèmes d'actualité des rencontres et des colloques universitaires.Il est désormais clair que les mathématiques ont été produites, enseignées, publiées et utilisées dans le Nord de l'Afrique, c'est-à-dire en Egypte, au Maghreb et dans le Sahel, entre le VIIIe et le XIXe siècles. Contrairement à ce que pensaient certains, la production scientifique dans cette région du monde musulman a été même très prolifique et féconde. Elle fera même l'objet de plusieurs traductions qui profiteront plus tard aux savants européens et même ceux d'orient.Pour développer le sujet et faire connaître les résultats des nombreuses recherches poursuivies depuis des décennies par d'éminents spécialistes, le département des mathématiques de la faculté des sciences exactes de l'université Mentouri de Constantine a jugé utile d'organiser un colloque international, organisé les 19 et 20 avril au campus Tidjani Heddam. La rencontre qui a regroupé un panel d'intervenants a permis aussi de faire un éclairage sur cette phase méconnue de l'histoire des sciences dans le monde musulman à une époque marquée par de nombreux bouleversements politiques et des luttes entre diverses dynasties.Dressant un panorama des mathématiques dans le Nord de l'Afrique, Ahmed Djebbar, historien des sciences et des mathématiques et professeur à l'université de Lille en France, est remonté jusqu'à l'héritage pré-islamique en Egypte, évoquant les maths pharaoniques, grecques et indiennes, pour révéler que des villes comme Alexandrie et Fustat en Egypte, et Kairouan et Tahert, puis Tlemcen et Marrakech au Maghreb avaient joué un rôle important dans la production des maths.Il citera les noms d'Ahmed Ibn Yusuf, Abu Kamil, Ibn Yunus, Abu Bakr Al Hassar, Ibn Al Banna et surtout le célèbre Al Hassan Ibn Al Haythem. La région du Maghreb avait connu une longue période de stabilité qui avait été propice au développement de l'astronomie cultuelle, les maths des héritages, le calcul indien, mais surtout les travaux en trigonométrie, en géométrie, ce qui a permis de régler les problèmes pratiques posés dans tous les domaines de la vie quotidienne, mais cela a aussi favorisé l'enrichissement des sciences en Europe.Les sciences avaient même connu une large diffusion en Afrique subsaharienne grâce aux mouvements commerciaux. On y trouvera même des manuscrits très importants datant du XIIe siècle dans des bibliothèques privées à Gao et Tombouctou. Ce niveau de production connaîtra malheureusement une baisse durant la période ottomane. «Il est clair que si les mathématiques ont été sauvées dans cette région du monde musulman, c'est bien grâce à une élite qui a veillé à conserver, transmettre et faire enseigner ce savoir ; il nous appartient à nous de préserver ce patrimoine», conclut Ahmed Djebbar.


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