
Le statut de Constantine de ville berceau du malouf est jalousement conservé par sa population, ses artistes, ses associations et, maintenant, par la jeune génération. Après avoir quasiment disparu durant les années 1990, les associations de malouf reviennent en force. On en compte une dizaine dirigées par des artistes et qui assurent une formation de qualité aux jeunes apprenants. A Constantine, le malouf se porte bien. Tous les vendeurs de disques de la ville ou presque ont fermé leurs portes, sauf ceux qui sont dédiés exclusivement au malouf et aux musiques traditionnelles. Ils sont trois ou quatre qui activent au centre-ville. L'un d'entre eux nous dira, d'ailleurs, que les CD de Hadj Mohamed Tahar Fergani, Hmed Aouabdia ou Bentobal se vendent bien, les clients sont principalement des mélomanes ou des touristes. L'intérêt des jeunes générations garantit, à lui seul, la survie de cette tradition musicale arabo-andalouse. Rencontré en marge du festival international du malouf, qui s'est déroulé au Khroub, Hakim, 32 ans, nous explique : « J'apprécie surtout les « gaâdate » dans les fêtes de mariage. Je pense que le malouf n'est pas fait pour les festivals et les concerts, les artistes sont parfois mal à l'aise, il y a des problèmes de sonorisation mais c'est tout de même une occasion pour voir les artistes. Ce qui est bien, c'est de voir aussi que le public répond toujours présent. Les salles sont toujours remplies et ça prouve que le malouf a encore sa place parmi la population et les jeunes. » Le même constat est partagé par les artistes invités à se produire lors de ce festival. Ainsi, l'artiste bônois, Dib El Ayachi, estime que les jeunes répondent toujours présents lors des festivals : « Les jeunes s'intéressent au malouf, c'est une évidence, mais c'est surtout grâce au travail des associations. Le niveau de la nouvelle génération de musiciens est appréciable, la relève sera assurée sans problème. C'est pourquoi nous devons, en tant qu'artistes, continuer à former les jeunes. Et si certains jeunes artistes sont sur la bonne voie et écoutent attentivement les conseils de leurs ainés, d'autres, par contre, se prennent déjà pour des stars et ce n'est pas très recommandé. » De son côté, Salim Fergani dira : « Il y a une catégorie de jeunes qui suivent attentivement le malouf, que ce soit en tant que public ou en tant que musiciens. Le seul conseil que je leur donne, c'est de travailler dur comme nous l'avons fait avant. Je leur souhaite beaucoup de succès ». Enfin, Hamdi Benani signalera : « Je pense que beaucoup de jeunes de la région Est sont fans de cette musique, comme il y a de nombreux jeunes artistes qui continuent leur apprentissage. Nous avons une grande responsabilité pour les inciter à travailler dur et réussir leurs carrières. Nous devons aussi leur assurer la meilleure formation possible et leur éviter ainsi de faire le choix de s'engager dans une autre musique que le malouf. Et pour y parvenir, nous devons soutenir toutes ces associations qui font un travail remarquable pour assurer la relève. »
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kais Benachour
Source : www.horizons-dz.com