Constantine - A la une

Les grossistes réclament un véritable marché



Après 58 années d'indépendance, l'Algérie ne dispose toujours pas d'un véritable marché de gros de produits alimentaires. Le plus grand espace commercial dédié à cette activité en Algérie est situé à Semmar, dans la commune de Gué-de-Constantine.Il s'agit d'une surface où sont implantés pleins de locaux inadéquats, exploités par des grossistes. Souvent les conditions idoines pour l'exercice de cette activité ne sont pas réunies. Ni hygiène, ni commodités et encore moins la sécurité ne sont assurées sur les lieux.
Pourtant, les commerçants paient jusqu'à 200 000 DA la location d'un local. "Il est inconcevable d'exiger le paiement électronique à partir de janvier 2021, alors que les marchés de gros, dignes de ce nom, n'existent toujours pas en Algérie", remarque Hadj Tahar Boulenouar, président de l'Association nationale des commerçants et artisans (Anca), dans une conférence de presse qu'il a animée hier avec les membres de la commission nationale des grossistes en produits alimentaires.
La création de cette commission a pour objectif, souligne M. Boulenouar, de faire parvenir aux autorités concernées les revendications de ces commerçants qui demandent, en fait, la réalisation d'un marché de gros aux standards internationaux doté d'un guichet unique, géré par une administration et composé des services du ministère du Commerce, d'agences bancaires, d'assurances, d'impôts, d'un hôtel...
À travers cette structure qu'ils veulent aux normes requises, ils souhaitent exercer leur métier dans la transparence et la légalité. "Nous ne demandons qu'une assiette de terrain.
C'est nous qui allons construire ce marché avec nos propres moyens", affirme Kamel Khali, président de la commission. En tout cas, l'Algérie souffre d'un déficit de quelque 500 marchés de gros à l'échelle nationale. Ce manque est comblé en toute logique par le secteur informel au détriment de la qualité et des conditions primordiales de commercialisation.
"Nous avons honte d'emmener des invités étrangers vers ces espaces de commerce indignes", déplore le président de l'Anca. Un producteur soucieux du prestige de sa marque ne peut laisser son produit traîner dans ces locaux insalubres, tient à souligner un grossiste présent à cette rencontre.
Ce qui, par voie de conséquence, fera fuir tout investisseur. Cela dit, le ministre a proposé en mars dernier aux commerçants une solution consistant en la déclaration des stocks et dépôts à la Direction du commerce du territoire de compétence pour que les services de contrôle et de sécurité puissent faire la distinction entre les commerçants honnêtes et les spéculateurs.
Par ailleurs, une étude du Cread indique que l'approvisionnement alimentaire des villes est aujourd'hui assuré par un système très complexe composé d'acteurs privés et publics. L'approvisionnement des villes n'a pas connu de ruptures longues et généralisées certes, mais l'efficacité de son système reste relative à cause de nombreux dysfonctionnements.
Le rapport évoque les irrégularités liées aux pénuries courtes, mais récurrentes, pratiques spéculatives et prix excessifs en période de tension entre l'offre et la demande, conditions d'hygiène par endroits non respectées... En outre, la configuration actuelle du système d'approvisionnement des villes souffre de deux insuffisances structurelles, relève l'étude.
La première est relative à son incapacité d'assurer une gestion (collecte et diffusion) efficace et efficiente de l'information relative à la demande alimentaire et à l'offre (quantité, qualité, prix, lieu, période). La deuxième insuffisance de ce système réside dans son incapacité à résister aux chocs extrêmes.

B. K.
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