De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Avec la prolifération des groupes musicaux et des artistes de différentes expressions et genres, le recours ou plutôt la sollicitation d'aires pour les répétitions, les expositions ou les manifestations publiques a augmenté. Mais cela ne veut pas dire pour autant que la forte demande trouve satisfaction. C'est même là le problème de tous ces jeunes artistes, qui ne parviennent pas à émerger dans leur environnement parce qu'il leur est impossible de trouver une salle de spectacles.Un véritable travail d'organisation est plus que souhaité pour que la situation change. Il est attendu des responsables qu'ils revoient leur copie pour une meilleure prise en charge de cette frange qui a choisi la voie de la libre expression artistique et il leur appartient de lui éviter toutes ces étapes administratives et bureaucratiques qui empêchent l'émancipation des talents.Hélas, on en est encore aux v'ux pieux. Car, dans la réalité, les groupes et artistes n'ont aucune chance de se produire s'ils ne passent pas préalablement par tous les sas administratifs. Autrement dit, ils doivent d'abord s'intégrer dans un cadre institutionnel «approuvé» par l'administration pour espérer trouver une place sur la scène culturelle. C'est ainsi qu'est régie l'attribution des différentes salles vouées à ce genre d'activité. Pour les jeunes, cela relève de la pure bureaucratie alors que les responsables du secteur tempèrent et placent ces démarches dans un contexte «légal» exigé pour une bonne gestion des espaces publics destinés aux productions artistiques. «Nous avons une réglementation claire à ce propos. Les salles sont cédées conformément à des articles et des textes édictés par la loi», explique le directeur du palais de la culture Malek Haddad, M. Aissou. Et d'ajouter sur les voies d'acquisition d'une quelconque salle : «S'il s'agit d'associations agréées, le problème ne se pose pas. D'ailleurs, on en compte plusieurs qui utilisent des espaces pour répéter. Pour ce qui est des autres cas, à savoir des groupes qui ne sont détenteurs d'aucun document certifié, ceux-ci peuvent bénéficier des salles du palais pour se perfectionner en s'appuyant sur un créneau horaire prédéfini par l'administration. Au-delà des heures des cours pédagogiques dispensés dans les différents ateliers de formations du palais de la culture. A condition d'être inscrit pour bénéficier de la carte d'adhérent.»Ainsi, l'affiliation à une structure officielle est recommandée pour pouvoir se dégoter une place sur les planches. Et dans ce cas, n'importe quelle manifestation organisée devra être frappée du sceau du «patronage institutionnel». Actuellement, on dénombre plus de 20 troupes qui recourent à cette solution. Le cas échéant, l'administration pourra «travailler» avec des agences de communication ou des sociétés événementielles pour l'organisation d'une scène. Dès lors, n'importe quel artiste introduit par cette voie sera le bienvenu, à partir du moment où la sacro-sainte réglementation est respectée et que tout est consigné dans le contrat établi entre l'administration et le partenaire privé. Mais ce n'est pas toutes les formations artistiques, notamment celles en voie de perfectionnement, qui pourraient intégrer ce cadre légal et institutionnel, pour la simple raison qu'elles n'ont pas encore atteint le niveau nécessaire pour animer en scène. C'est d'ailleurs pour cela qu'elles cherchent un endroit pour travailler' ! De plus, les boîtes spécialisées tournent souvent le dos aux jeunes artistes, surtout ceux qui apportent du «nouveau», privilégiant ce qui est déjà connu, se vend bien et rapporte gros. Dans cette mélasse, seules les associations et les formations agréées tirent leur épingle du jeu. Il n'y a aucune place pour les autodidactes qui explorent leur monde artistique à leur manière. Le free-lance qui s'interdit une quelconque appartenance qui «entacherait» l'essence de son expression est condamné à errer sur la scène culturelle sans y trouver la moindre place où il pourrait poser ses pénates. Peu d'alternatives, pour ne pas dire aucune, ne sont en mesure de les propulser ou pour le moins de leur aménager une petite place sur scène.Les responsables rétorquent que les salles se plient à la réglementation pour éviter toute anarchie qui transformerait ces lieux culturels en espaces commerciaux et les détourneraient ainsi de leur vocation de lieux artistiques. Mais n'est-il pas plus judicieux de revoir l'organisation et d'avoir une autre vision plus souple et adéquate pour donner la chance aux artistes qui tiennent à leur liberté d'expression et de mouvement, sans pour autant, évidemment, sacrifier l'ordre et l'organisation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H G
Source : www.latribune-online.com