Jeudi matin,
c'était le procureur de la République près le tribunal de Constantine, M. Lotfi
Boudjemâa, et son adjoint qui étaient les invités de l'émission hebdomadaire
«Préoccupations», de la radio régionale.
Une aubaine
inespérée pour les auditeurs qui, tout au long de l'émission, n'ont cessé
d'appeler pour des explications sur les erreurs constatées sur les noms dans
les actes d'état civil. A l'évidence, l'édition de ce jeudi a battu des records
d'audience et a permis aux citoyens de connaître la complexité de la tâche de
ce magistrat. Ce dernier a en effet révélé qu'il reçoit journellement plus
d'une centaine de demandes du genre «auxquelles il faut répondre rapidement».
Ainsi, le tribunal subit une grande pression durant la rentrée scolaire ou
lorsqu'il y a des concours de recrutement des jeunes, et ce pour permettre aux
citoyens concernés, de constituer des dossiers à caractère ponctuel exigés par
divers organismes. «A l'occasion, ajoute M. Boudjemâa, nous consignons nos
agents pour effectuer des heures supplémentaires et travailler le vendredi.
Cette méthode a été pratiquée surtout durant le mois de Ramadhan où nous avons
travaillé après le F'tour en traitant parfois jusqu'à 700 demandes par jour !»
Il a révélé que le tribunal a traité en 2010
plus de 6.814 demandes en rectification dont 3.613 administratives et 3.201 par
le juge d'état civil. A titre indicatif, il a fait remarquer que sur une
période de 18 jours, à savoir du 1er au 18 janvier 2011, c'est 406 demandes de
rectifications qui ont été traitées par le tribunal, dont 262 suivant la voie
administrative et 128 par la voie judiciaire. D'autre part, ce magistrat a
assuré que 136.926 casiers judiciaires et 55.939 certificats de nationalité ont
été délivrés par ses services durant l'année écoulée. Abordant ensuite la
question complexe de la rectification des erreurs commises sur les actes de
l'état civil, depuis l'époque coloniale ou de nos jours, il explique que ces
rectifications sont de deux catégories: les erreurs simples qui n'ont besoin
que d'une rectification administrative faite par ses services, et les erreurs
essentielles qu'on ne peut rectifier sans introduire des changements
substantiels sur l'acte et la situation de son titulaire. Cette seconde
catégorie nécessite alors l'ouverture d'une enquête et la transmission du
dossier au juge compétent. Dans ce domaine, il dira que les rectifications les
plus complexes ont été rencontrées dans le domaine du certificat de
nationalité. A ce titre, il cite l'exemple où il est exigé des citoyens la
production de l'extrait de naissance du grand-père qui remonte à 1840 alors que
l'état civil établi par les autorités coloniales de l‘époque ne va pas avant
1845. Or, il n'est pas possible de délivrer un acte qui n'existe pas. D'où le
désarroi des citoyens.
Comme signalé
plus haut, les nombreuses interventions des auditeurs par téléphone ont porté
globalement sur les rectifications de noms, la transcription des noms
patronymiques du français à l'arabe et les problèmes de linguistique que cela
pose, le cas des mariages «orfi», l'enregistrement, par les services
hospitaliers des noms des enfants nés dans les maternités, source de nombreuses
erreurs, les procédures à suivre pour le changement de nom patronymique, etc.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Mallem
Source : www.lequotidien-oran.com