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Les enfants cumulent de mauvaises habitudes alimentaires



Les enfants cumulent de mauvaises habitudes alimentaires
Une mauvaise alimentation dans les 1000 premiers jours de la vie de l'enfant peut avoir des conséquences irréversibles sur sa santé.Pour des millions d'enfants, cela implique un retard de croissance qui les affectera à vie. Plus petits, ces enfants sont plus exposés aux maladies et affichent souvent un retard scolaire. Une fois adultes, ils sont plus susceptibles de souffrir d'obésité et de maladies non transmissibles». En guise d'introduction dans son rapport de 2013 sur l'alimentation des enfants dans le monde, l'Unicef a mis en garde sur la mauvaise alimentation et son impact direct et inévitable sur leur croissance.En Algérie, l'intitulé de l'étude, «alimentation des enfants 6-12 ans : synthèse des travaux antérieurs en Algérie et recommandations», élaborée par Bechiri Loubna, enseignante-chercheuse, abonde dans le même sens.Elle a mis en lumière la situation nutritionnelle actuelle des enfants de 6 à 12 ans. L'auteure de cette étude indique que cette problématique est peu connue, et ce, en raison de l'absence de travaux de recherche concernant cette tranche d'âge. Elle évoque également des difficultés d'accès aux études et aux expériences algériennes qui constituent une entrave pour déterminer précisément la situation nutritionnelle effective des enfants. Malgré cette pauvreté de matière, le travail s'est fixé pour objectif de «décrire l'alimentation courante d'une population composée de 1729 enfants algériens de trois régions du pays, en l'occurrence Constantine, Jijel et Touggourt scolarisés, âgés de 6 à 12 ans», explique la chercheuse.Pour ce faire, trois aspects de la nutrition ont été pris en charge, à savoir : la quantité (apport énergétique), la qualité (apports en macro et micro nutriments), ainsi que l'aspect comportemental (comportements et habitudes alimentaires). Ces aspects impliquent l'utilisation d'une analyse qualitative des données pour ensuite la comparer avec l'alimentation conseillée. L'objectif étant de corriger certaines erreurs alimentaires et arriver enfin à une alimentation saine en donnant des recommandations d'éducation nutritionnelle sous forme d'un guide compréhensible destiné aux enfants. «Notre travail est une étude sur le niveau de la qualité de l'alimentation permettant de décrire la situation alimentaire et montrer les écarts entre l'alimentation observée des enfants algériens sains scolarisés, âgés de 6 à 12 ans, et celle conseillée (apport nutritionnel conseillé 2001)», instruit Mme Bechiri.Cette collecte de données a permis à la chercheuse d'avoir «des éléments de base sur l'alimentation des enfants algériens et donc une idée sur l'alimentation de la population algérienne», comme elle l'explique dans son étude. En termes de résultats, le volet quantitatif de l'étude démontre que les apports énergétiques de tous les enfants sont inférieurs aux apports énergétiques conseillés et que les parts énergétiques du petit-déjeuner et du déjeuner sont inférieures aux parts conseillées, tandis que les parts du goûter et du dîner sont élevées. Pour le volet qualitatif, l'étude révèle que les apports glucidiques et protéiques couvrent largement les besoins alors que les apports lipidiques sont très bas. Il est également dit que les apports phosphocalciques sont déséquilibrés pour toutes les tranches d'âge.«Toutes ces valeurs sont inférieures aux apports conseillés», souligne Mme Bechiri. S'agissant du troisième et dernier volet portant sur l'aspect comportemental de l'alimentation, il est noté une consommation importante des produits céréaliers et féculents, les produits sucrés et gras (féculents, pizzas) et une consommation moindre en poissons et fruits, ce qui déséquilibre la ration alimentaire.Allant plus dans le détail, Mme Bechiri chiffre à 22% le taux de la population étudiée qui ne prend pas ses repas et collations à horaires fixes, 7% des enfants mangent seuls et 37% des enfants prennent leurs repas devant la télévision. «Les repas que les enfants sautent le plus sont le petit-déjeuner (3,86%) et le goûter (15%), le déjeuner et le dîner sont les repas les moins escamotés», écrit-elle.Par ailleurs, elle met l'accent sur une «pratique non marginale», le grignotage chez les enfants, qui représente une part énergétique de 2,06% chez les enfants de 7 à 9 ans et 1,29% chez les 10 à 12 ans. S'agissant des éléments ingérés par taux de consommation, l'étude classe : les confiseries (72,1%), les gâteaux (46,15%), la pizza (56,2%), les pâtisseries (45,18%), les chips (18,47%), les sodas (6,55%). «33,68% des enfants grignotent toujours ce qui est très mauvais pouvant conduire à l'obésité», constate-t-elle. Pour ce qui est de la consommation des boissons, l'eau qui représente 62,34% n'est pas le seul liquide bu, les enfants boivent à hauteur de 27,22% de sodas et 9,16% de jus.Autre constat alarmant, peu d'enfants interrogés déclarent pratiquer une activité physique. «Il y a seulement 14% des enfants qui déclarent pratiquer une activité physique régulière. Parmi les activités de loisir, les enfants déclarent regarder la télévision», note-t-elle. En guise de conclusion, l'étude constate «l'existence des enfants qui cumulent de mauvaises habitudes alimentaires» à risque pour leur santé : escamotage du petit- déjeuner, grignotages fréquents et consommation importante d'aliments à haute densité énergétique (aliments type Junk Food) surtout en dehors des principaux repas. «Ces comportements ne sont pas conformes aux recommandations des nutritionnistes mais identiques à ceux de tous les enfants dans le monde», fait-elle remarquer dans son travail.Une série de recommandations est alors émise comme : assurer une ration journalière équilibrée et suffisante ; répartir l'alimentation journalière en quatre repas principaux ; limiter la consommation des sucreries ; assurer des apports suffisants en acides gras polyinsaturés en mangeant les graisses végétales telles que l'huile d'olive, noix, noisettes, huile de tournesol... et animales telles que les poissons ou encore de consommer les produits laitiers (lait, yaourt, fromage) qui représentent la meilleure source calcique du fait à la fois leur richesse en calcium et de vitamine D qui jouent un rôle essentiel dans la minéralisation des os.Enfin, le précepte est intelligible : assurer des habitudes alimentaires saines et équilibrées conjuguées à des exercices physiques réguliers pour garantir une bonne santé aux enfants. Car il est important de savoir que ces deux notions sont cruciales pendant cette période de leur vie. «Le plus beau cadeau que vous pouvez faire à vos enfants est de leur donner de bonnes habitudes de vie qui leur assurent une bonne santé. Cela leur sera utile pour toute la vie entière», a dit l'ingénieur Bruno Camby.
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