Les promoteurs dénoncent les conditions d'attribution des programmes de réalisation de logements, LPA, entre autres, qui seraient arbitrairement profitables aux entreprises étrangères.
Quand le bâtiment va, tout va». Corvéable à souhait, cette formule consacrée est resservie ponctuellement et notamment lors des rassemblements de bâtisseurs. La journée d'étude organisée, hier, au palais de la culture Malek Haddad n'a pas échappé à la règle, d'autant que la thématique du jour visait à établir une plateforme de discussion autour du rôle et place de l'opérateur économique local dans le développement de la wilaya de Constantine. Pilotée par Mourad Benlabiod, président du bureau de wilaya de l'union nationale des entrepreneurs du bâtiment (UNEB), cette rencontre a eu le mérite de ne pas verser dans la langue de bois grâce à une mise à nu où chacun des opérateurs du bâtiment a eu le loisir de dire ce qu'il avait sur le c'ur.
Ils dénoncent, entre autres, les conditions d'exercice de leur métier ainsi que celles d'attribution des programmes de réalisation de logements locatifs ou ceux dépendants de la nouvelle formule dite logement promotionnel aidé (LPA). Cette dernière serait largement profitable aux entreprises chinoises et turques, selon l'avis de la grande majorité des entrepreneurs du bâtiment qui rappelleront l'épisode regrettable du programme Cnep-Immo qui avait fait couler énormément d'encre et de salive, sachant que des blocs entiers avaient été repris, sinon carrément démolis suite aux vices de construction constatés lors des expertises d'usage, diligentées avant réception définitive des travaux. Dans la foulée, il sera fait également référence au triste fiasco du programme confié à l'entreprise turque Urasan qui a vu son marché résilié pour les mêmes raisons.
Programme LPA : choix arbitraires '
Concernant ce même programme LPA, les entrepreneurs du bâtiment manifesteront leur étonnement quand à «l'annonce en catimini de la liste des 22 promoteurs ayant été retenus pour la réalisation de 12 000 logements de ce type, inscrits au programme de la wilaya de Constantine». Un choix jugé arbitraire, d'où le sentiment des opérateurs du bâtiment de se sentir exclus de ce segment économique où les passations de marchés seraient gravement pénalisées par «les pratiques bureaucratiques et les gros retards enregistrés dans l'établissement des marchés, les payements et la réception des projets». Face à ces points de friction, le président du bureau de wilaya de l'Uneb se montre partisan d'un tour de table avec les décideurs.
Ajoutant, «qu'il fallait néanmoins recenser les dépassements avant de les communiquer à qui de droit, surtout que la loi sur la promotion immobilière est là pour baliser à présent le parcours de ce type de programme». Président de la confédération nationale du patronat algérien (CNPA), Naït Abdelaziz abondera dans ce sens en soulignant de son côté l'impérieuse nécessité de briser la glace en restaurant le dialogue et la concertation entre les différentes parties concernées. Président du bureau national de l'union nationale des entrepreneurs du bâtiment, Salim Gasmi soulignera également sa totale adhésion à ce besoin de dialogue «c'est un préalable indispensable au règlement rapide de ce problème dont les enjeux sont énormes».
A noter que les autorités locales ont brillé par leur absence, un bémol vivement dénoncé par la corporation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Boussaid
Source : www.elwatan.com