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Les Constantinois essayent de survivre comme en temps de guerre Pain rare, fruits et légumes à doses homéopathiques, lait de mauvaise qualité



Les Constantinois essayent de survivre comme en temps de guerre                                    Pain rare, fruits et légumes à doses homéopathiques, lait de mauvaise qualité
De notre correspondant à Constantine,
A.Lemili

Une pénurie extraordinaire de pain dérègle la vie à Constantine et ce, depuis la fin du mois de Ramadhan. A l'exception de deux boulangeries, lesquelles ont pignon sur rue et grande notoriété, qui continuent d'en assurer la disponibilité mais dans des conditions toutefois, extrêmes compte tenu de la longueur des chaînes et des avatars qui peuvent découler de telles situations.Nous avons tenté de prendre attache avec le président de l'Union générale des commerçants et artisans de Constantine (Ugcac), sans y parvenir. Quant au secrétaire général de l'union corporative, il s'excusera de ne pas être informé de ce qui prévaut en la circonstance parce qu'il se trouve en congé de détente et plutôt loin de Constantine. «D'ailleurs, c'est de vous que j'apprends ce qui se passe. Je suis désolé de ne pouvoir vous en dire plus que ce que vous savez», a-t-il dit. Ceci étant, et exception faite de la grogne sourde qui agite la rue, qu'en pense la population ' «Ils sont repus' C'est une machination des boulangers pour obtenir une augmentation de l'ordre de 200% du coût de la baguette'il semblerait qu'ils subissent, eux-mêmes, un rationnement imposé en raison d'une pénurie de farine elle-même due à l'envolée des prix sur le marché international». Des spéculations, une rumeur sur lesquelles se fondent les titres de la presse régionale.
Si jusqu'à la journée d'hier, le pain affichait bien des réticences à réapparaître dans les boulangeries, il s'en trouvait par doses homéopathiques dans les épiceries et sur les trottoirs des grandes artères ce qui, vraisemblablement, laisse à penser que ceux qui le préparent l'écoulent sciemment dans la discrétion, d'autant plus que leur commerce s'exerce rideau baissé, les marchands de fruits et légumes rouvrent franchement même si leurs étals sont plutôt clairsemés à cause de l'arrêt de toute activité au niveau des marchés de gros, sachant que la rupture provoquée ne peut être qu'incidemment avantageuse au plan des prix, autrement dit, sur la spéculation. Tout cela n'empêche pas toutefois les acheteurs de se ruer sur une pomme de terre dont le prix a doublé, une tomate laquelle, vu son état, devrait plutôt figurer dans la niche à ordures.Dans cette disette, un produit considéré presqu'à la limite comme article de luxe, en l'occurrence l'eau minérale, est cruellement absent, ce qui n'est pas sans poser de vraies difficultés aux personnes qui doivent obligatoirement en consommer, malades et nourrissons. Du coup, ceux parmi les commerçants qui en disposent, notamment pour les marques qui ne sont pas trop demandées, ont profité de cette pénurie pour majorer de 20 dinars le pack (6) et 5 la bouteille. Quant au lait produit par l'unité publique locale, il caille plus rapidement que d'habitude s'il n'est pas bouilli et consommé une fois sorti du comptoir-frigorifique de l'épicier.C'est ça l'ambiance dans la ville des ponts et d'aucuns parmi les plus lucides de ses habitants concluent d'ores et déjà que l'Etat aura beau prendre des mesures en ce sens en annonçant, voire en «pondant » via les ministères concernés du gouvernement de nouvelles mesures qui auront pour but de sérieusement encadrer le commerce, celles-ci ne serviront à rien parce qu'il ne s'en trouve pas derrière une véritable volonté politique et encore moins du professionnalisme pour lutter contre les barons de l'activité parallèle tous azimuts.
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