
Ce sont de drôles de statistiques auxquelles nous avons eu droit, samedi, lors du passage du président de la Fédération algérienne de football, M. Mohamed Raouraoua, au Forum de l'Organisation nationale des journalistes sportifs algériens. Ce dernier a abordé le sujet des compétitions locales des clubs en expliquant que le professionnalisme devait se faire chez nous pour amener ces clubs à mieux se structurer.Il a, cependant, avoué que la plupart de ces clubs tardent à comprendre le but que la Fédération cherche à atteindre et qu'ils restent, par la faute de leurs dirigeants, confinés dans un amateurisme de bas étage. La président de la FAF ne s'est, d'ailleurs, pas empêché de remercier l'Etat qui consent d'énormes sacrifices pour venir en aide au football professionnel. Sans cet Etat, ces clubs n'existeraient peut être même plus. En Ligue 1, en dehors de l'USM Alger qui appartient à un privé (Ali Haddad en l'occurrence) qui lui fournit tous les moyens et subsides pour activer, pas un club ne peut prétendre qu'il le fait sans l'aide de l'Etat.Ceux qui veulent nous contredire n'ont qu'à se référer aux assemblées générales de ces clubs où il apparaît, clairement, que ce sont bien les pouvoirs publics qui les financent. Cela va jusqu'au sponsoring sachant que l'argent émanant de ce genre de produit est déduit des charges fiscales annuelles dudit sponsor. Même le Mouloudia et le CS Constantine émargent chez ce même Etat, sachant que les entreprises qui les financent, Sonatrach pour le premier, Tassili airlines pour le second, sont des entreprises publiques.Ces clubs là, chargés de former les futures élites du football national, se contentent de jouer avec cet argent public en achetant à tout va des joueurs dont la valeur est considérablement exagérée au regard de ce qu'ils sont capables de montrer sur un terrain.Dans peu de temps l'équipe nationale olympique sera engagée dans la phase qualificative aux Jeux olympiques de Rio de 2016. Cette équipe devrait être composée de certains éléments appartenant à la catégorie des U21. Les statistiques de la FAF, celles de la Ligue du football professionnel en réalité, montrent que durant la saison dernière, seuls 10 joueurs de cette catégorie étaient régulièrement alignés dans l'équipe senior par leurs clubs.Les 59 autres joueurs de cette catégorie ont joué mais avec des temps de jeu très faibles pour pouvoir les évaluer. «Nous avons demandé aux clubs que sur les 25 joueurs qui doivent composer leur effectif, 7 doivent être issus de leur filière de formation. Il y a eu une levée de boucliers de la part de ces clubs qui ont estimé qu'on leur exigeait quelque chose d'inabordable», a déclaré M. Raouraoua lors du Forum de samedi dernier. Il n'y pas que cela.C'est ainsi que nous avons appris que la saison dernière, en Ligue 1, il y a des joueurs qui ont joué à peine trois matches durant tout le championnat. 27,3% des effectifs de ces clubs ont eu moins de 270 minutes de jeu dans les jambes tout au long de la saison. Le MO Béjaïa, le CS Constantine, le MC Oran, le MC Alger, la JS Kabylie, la JS Saoura, le CA Bordj Bou Arréridj et l'USM El Harrach se sont permis de payer des joueurs qui n'ont pas joué une seconde sur un terrain pendant toute la saison la palme revenant à la JSK qui en a totalisé trois.Et puis il y a les joueurs étrangers, de l'Afrique sub-saharienne pour la plupart. 50% de ces joueurs étrangers ont joué moins de 50% de la totalité des matches de la saison ce qui démontre que ces clubs se trompent lourdement quand ils croient qu'ils ont déniché la perle rare hors de nos frontières. En recrutant ces étrangers qu'ils ne font pas jouer ils augmentent leurs charges et si jamais ils venaient à ne pas les payer, ils ont droit à de très lourdes peines financières de la part de la Fifa.En somme, tout reste à faire dans le milieu du football professionnel qui ne peut se permettre de continuer à vivre comme il le fait en ce moment.L'argent de l'Etat doit servir à développer la discipline et à former les futures élites et non à financer des clubs chez qui la gestion rigoureuse n'est qu'une vue de l'esprit. Le professionnalisme oui mais dans des conditions autrement plus sérieuses sans quoi c'est vers une grande désillusion qu'on se dirige.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Achour
Source : www.letempsdz.com