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Les citoyens et les associations s'inquiètent



Les citoyens et les associations s'inquiètent
Pour les besoins des chantiers de modernisation de la ville, pont Transrhumel, tramway, routes et logements, les bulldozers des entreprises de réalisation ont dû raser des hectares d'espaces verts et d'arbres, plusieurs sites sont toujours concernés par ces opérations d'envergure qui bouleversent le paysage de la ville des Ponts. Résultat : plus de 1.800 arbres abattus et une plaie longue à cicatriser, estiment les citoyens et les associations de protection de l'environnement. Constantine n'est pas seulement connue pour ses ponts, sa vieille ville et son rocher. Elle l'est aussi par ses espaces verts et ses arbres dont beaucoup ont été plantés il y a plus d'un demi-siècle. Des pins, des eucalyptus, des frênes ou des platanes, plantés par l'administration française et aujourd'hui des centaines d'entre eux sont perdus à jamais. L'exemple le plus flagrant est sans doute la réalisation du viaduc Transrhumel qui relie les deux rives de la ville, de la place de l'ONU vers le plateau El-Mansourah, et qui a, à lui seul, nécessité l'abattage de près de 1.700 arbres dont une bonne partie se trouve sur le chemin forestier, dernier poumon vert du centre-ville. L'entreprise brésilienne Andrade Guttierez chargée de sa réalisation a été ainsi contrainte de raser plus de quatre hectares de pins et d'eucalyptus. Et si du côté des associations et des pouvoirs publics, on tolère plus ou moins ce genre de pratiques autorisées et inscrites dans le cadre de l'« utilité publique », il n'en demeure pas moins que certaines personnes ne respectent aucune loi et se permettent d'abattre des dizaines d'arbres sans motif. Des dépassements enregistrés presque quotidiennement. C'est ce qui est arrivé du côté de l'Institut national de la formation supérieure des cadres de la jeunesse et des sports, INFS-CJS, où la direction a décidé de débarrasser le site d'une quarantaine d'arbres. Un véritable massacre qui a conduit les associations à réagir contre ce qu'elles appellent un « dépassement grave ». M. Sebih de l'association de protection de l'environnement Apne, nous fait remarquer : « Nous avons visité le site et nous avons été outré par ce que nous avons découvert sur place. Nous avons noté que non seulement les arbres ont été abattus mais plus grave encore, on les a brûlés avec du mazout. Ce qui est interdit par la loi. » A l'occasion du déroulement de la manifestation « Constantine capitale de la culture arabe 2015 », les autorités locales vont heureusement rattraper le coup en réalisant un grand parc citadin au quartier Bardo. Le site, qui s'étend sur 65 ha, comprendra trois zones distinctes. La première réservée à l'exécution d'un jardin botanique, la deuxième représente le chemin des Gorges sur 2 km et la dernière parcelle de 7ha, située sur la rive droite de l'oued Rhumel, verra un aménagement en cascades et en forêt. Un autre parc plus petit sera également réalisé à Zouaghi. Notons, enfin, qu'au même titre de l'abattage des arbres même autorisé, on relève aussi le laisser-aller et la détérioration des jardins publics gérés par l'APC. Le square Guessoum-Mohammed, situé en contre bas du boulevard Belouizdad, plus connu par les riverains sous le nom de square Gambetta, est devenu pratiquement infréquentable pour les familles, en raison de la présence de délinquants et de voyous à longueur de journée. Réhabilité il y a tout juste six ans, il se trouve actuellement dans un état lamentable. Malgré les sollicitations des citoyens, l'APC ne se manifeste toujours pas pour prendre les choses en main.


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