Hier, les
citoyens habitués à acheter leur viande au quartier El-Djazarine, où les prix
sont les plus abordables à Constantine, éprouvaient des difficultés à
s'approvisionner parce que plusieurs bouchers de la place avaient baissé rideau
et refusé carrément la vente de la viande de mouton.
«Les raisons, selon ces commerçants
rencontrés sur place, relèvent des prix inconsidérément élevés du mouton sur
pied au niveau des différents marchés de la région, qui ont flambé subitement
du fait, semble-t-il, d'une offre trop insuffisante qui, selon les maquignons,
a été engendrée par la rareté des pâturages et des foins ».
Et d'indiquer en outre «qu'à l'approche de
l'Aïd, des spéculateurs ne lésinent pas sur les moyens pour que des quantités
importantes de ces denrées soient stockées et destinées à l'engraissement des
moutons à écouler à l'occasion des fêtes prochaines, espérant en cela réaliser
d'énormes gains».
Selon l'un de nos interlocuteurs, la valeur
d'une botte de foin équivaut à environ 800 dinars. «C'est à se demander quel
prix atteindra l'animal une fois passé à l'abattoir. A faire nos calculs, avec
la marge bénéficiaire, il devrait dépasser les mille dinars au kilo »,
lance-t-il dépité. Et de poursuivre : «C'est ce qui n'a pas manqué d'influer
sur son offre et la résolution prise par certains d'entre nous de ne plus en
proposer à la vente à nos clients».
Par ailleurs, cette navrante situation a
poussé et encouragé d'autres bouchers à choisir l'abattage clandestin, à
abattre de la brebis et à écouler de la viande en dehors de toute
réglementation.
Selon les dires d'un autre boucher, certains
moutons d'un âge avancé connaissent une mévente en considération de la
réputation que leur viande renferme trop de cholestérol, ce qui a pour effet de
gonfler la demande du boeuf, dont les prix ont atteint plus de 740 dinars le kg
et près de 950 dinars pour le beefsteak.
Concernant le mouton de l'Aïd, la plupart de
nos interlocuteurs pensent que les prix ne descendront pas à moins de 25.000
dinars le mouton tout juste moyen, alors que le prix du mouton de bonne qualité
se négociera autour de 35.000 dinars. Avec cette mercuriale au zénith, il ne
serait pas étonnant que la brebis ait la cote auprès des consommateurs qui la
préféreront pour son prix à la portée des bourses modestes, considérant qu'il
se situera entre 20.000 et 25.000 dinars au maximum.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A El Abci
Source : www.lequotidien-oran.com