Constantine - A la une

Les arguments oiseux des parties concernées par l'anarchie



Les arguments oiseux des parties concernées par l'anarchie
A. LemiliDirecteur du commerce, représentant des commerçants, présidente de l'association des consommateurs et un journaliste ont débattu pratiquement à vide au cours de la matinée d'hier, dans une émission hebdomadaire thématique de la radio locale constantinoise.Débattus à vide dans la mesure où tous les invités semblaient détenir avec grande conviction les réponses à la grande anarchie qui caractérise le commerce local entre celui réglementé et l'informel, mais sans pour autant convaincre, à l'exception du directeur du commerce qui a été direct, objectif et pour une fois n'a pas fait usage de la langue de bois habituelle, même si celle-ci lui est imposée par l'obligation de réserve due à son statut. Preuve en est l'un de ses argumentaires pour dire que les services relevant de l'administration concernée accomplissaient sans complaisance leurs missions.«Oui, effectivement, rares sont les commerces qui réunissent les conditions minimales d'hygiène et cela ne nous échappe pas. A titre d'exemple rien qu'au mois de novembre, la direction du commerce a introduit auprès de la justice les cas de 2 085 commerçants réfractaires aux règles d'usage», soulignera-t-il ajoutant que c'est «...une mesure qui, d'ailleurs, a conduit les responsables de l'Union générale des commerçants et artisans algériens à prendre attache avec nous pour nous dire qu'ils trouvaient tout cela quelque part non considérable». Comme quoi l'Ugcaa défend ses adhérents et peu importe que les consommateurs soient les lampistes dans l'affaire. C'est dire.Selon le directeur de wilaya du commerce, Constantine recense sur l'étendue de son territoire 39 marchés réglementés mais qui ne fonctionnent pas selon les normes et pour cause la multiplication, si ce n'est à leur proximité, sont implantés au sein des grandes cités et avec pour particularité une sorte de dumping sur les mêmes produits parce que ces derniers sont obtenus en dehors du circuit d'intermédiaires lequel démonterait les règles de base économique concernant le rapport offre/demande. Le responsable du commerce expliquant de cette manière la flambée des prix ces dernières semaines sur l'ensemble des produits de large consommation, notamment les légumes et la viande blanche (le poulet ayant atteint le prix vertigineux de 360 DA le kilogramme) tout en avançant un autre argumentaire, autrement dit celui de produits qui ne sont pas de saison et qui ne sont obtenus que par une culture sous serre réalisée au sud du pays. L'argument béton explicatif est par voie de conséquence directement rattaché aux coûts de production et surtout aux charges d'acheminement par voie terrestre vers le reste du territoire. Quoiqu'il en soit, la question du marché informel n'est pas près de trouver des solutions à hauteur de l'ensemble de la wilaya. Sur ce sujet précis, il y a unanimité de tous les intervenants qui, même s'ils proposent des schémas de substitution, ne sont pas sans ignorer que leur matérialisation sur le terrain relève pour bien des raisons, notamment politiques, de la gageure. Au cours de cette rencontre, la présidente de l'association de protection des consommateurs a tout juste fait tapisserie et pour cause tout d'abord et simplement que ladite association ne se limite qu'à sa personne depuis sa création, il y a de cela une vingtaine d'années, et qu'ensuite nul, parmi les représentants de la presse, n'ignore son jeu très trouble au sein du mouvement associatif local, ses accointances plutôt équivoques avec les formations politiques, l'administration locale...Enfin sur la quarantaine d'espaces commerciaux dit de proximité réalisés par l'APC de Constantine, il semblerait que seulement une demi-douzaine a trouvé preneur. L'administration envisagerait de relancer leur attribution à de vrais bénéficiaires (sic).En fait, le sujet très vaste aura laissé sur leur faim, les auditeurs et plus particulièrement les auditeurs des cités satellites confrontés aux difficultés d'approvisionnement. Des difficultés «heureusement» palliées par la naissance ex nihilo des marchés informels lesquels, au même titre que les transporteurs clandestins dans une activité sciemment bafouée par les taxieurs professionnels, trouvent leur compte et ne s'en plaignent pas trop en réalité, à l'exception cependant du manque d'hygiène, du bruit et des fréquents incidents qu'entraine ce type de commerce.A. L.


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