
La salle Ibn Zeydoun a accueilli samedi dernier le documentaire Les révolutions de la terre de François Le Bayon en préambule du Festival Archi'terre.Jamais les architectes ne s'étaient fait remarquer autant que lors de ces pré-assises lancées par le ministère de la Culture au mois de Ramadhan dernier. Ils étaient venus en force vider leur sac plein de colère et d'amertume, après avoir suivi des années d'injustice, de persécution dans le silence le plus total, mais en apportant avec eux des arguments des plus acerbes mais infaillibles avec force détails chirurgicaux tout en dénonçant l'état d'anarchie et de déliquescence dans lequel est tombé le système d'urbanisme en Algérie.Aujourd'hui, mois du patrimoine oblige, ces derniers reviennent au-devant de la scène, via l'organisation du Festival culturel international de promotion des architectures de terre, Archi'terre, mais pas seulement. Institutionnalisé par arrêté du 11 chaâbane 1432 correspondant au 13 juillet 2011, ce festival a lieu chaque année le 18 avril, soit durant la première semaine du Mois du patrimoine. En plus des 10 jours de sa tenue, le festival organise souvent une série d'activés liées à son objet: la promotion des architectures de terre. A ce propos, l'ouverture qui s'est tenue à la salle Ibn Zeydoun, samedi dernier, a permis au public de pouvoir apprécier un documentaire Les révolutions de la terre, lequel sera rediffusé le vendredi 24 avril à 18h à la salle de cinéma d'Adrar, en présence du réalisateur Français Le Bayon.La projection a été suivie d'un débat animé par Akli Amrouche, directeur de la revue Vie et villes. Réalisé en 2004, ce film a été soutenu par l'Unesco.Le tournage a eu lieu dans différents pays, soit en Egypte, en Syrie, au Mali, au Pérou, sur l'île de Mayotte et en Birmanie. François Le Bayon démontre à travers son sujet que la terre crue est redevenue un matériau de construction essentiel dans plusieurs régions du monde. Près de deux milliards de personnes vivent dans un habitat en terre crue. Ce matériau non cuit nous apprend-on est en usage partout dans le monde depuis des millénaires. Il a servi à construire les premières villes connues.La terre crue permet toutes les formes architecturales désirées. Séchée uniquement par le soleil, elle devient aussi dure que du béton. Quasi gratuite, elle se puise là même où l'on veut construire, elle ne se cuit pas, ne se transporte. Totalement naturelle, elle est parfaitement respectueuse de l'environnement. C'est le matériau idéal dit-on pour la fraîcheur qu'il retient en été et la chaleur qu'il conserve en hiver. Elle reste, aujourd'hui comme hier,«le» matériau le plus disponible, le plus accessible et le plus économique. C'est pourquoi nos constructeurs devraient peut-être songer à l'utiliser ici chez nous. Pourquoi pas et écouter surtout les spécialistes en la matière.En effet, est-il expliqué, la disponibilité de la terre crue, la simplicité de son emploi, correspondent parfaitement aux nécessités des pays les plus démunis (on estime à 1,1 milliard le nombre de mal-logés dans le monde). Dans bien des situations rajoute -on, ce matériau naturel s'est vu remplacer les matériaux modernes et ses qualités plastiques et constructives sont remarquables.Ce documentaire n'est pas le premier dans la longue liste de la filmographie de François Bayon puisqu'il compte à son actif aussi 10 documentaires Histoire de l'habitat sur France 5 et de deux documentaires sur l'arcitecure de terre: Les nouveaux habits de la terre et Les révolutions de la terre télédiffusés dans une dizaine de pays. Notons en outre que plusieurs prix ont été décernés ce jour-là, notamment ceux du concours «Terres d'avenir». Un autre concours a été lancé ayant pour thème: «Intervenir sur le patrimoine bâti en terre». Aussi, du 19 au 23 avril 2015, des ateliers pratiques d'initiation aux techniques de construction en terre seront organisés au niveau de l'Ecole polytechnique d'architecture et d'urbanisme d'Alger (Epau). Pour rappel, le Festival Archi Terre a pour objectif principal de sensibiliser aux vertus du matériau terre, des futurs acteurs de la préservation du patrimoine et de la construction. Aussi, il s'agit, par ce festival, de faire la promotion du patrimoine architectural algérien bâti en terre et la sensibilisation des futurs acteurs de la préservation à l'importance et au bien-fondé de sa sauvegarde. Or, et au regard du lancement de «Constantine capitale de la culture arabe» que vient d'étrenner la ville des Ponts, des architectes se sont élevés récemment contre ce qu'ils appellent bel et bien une destruction des sites par le ravalement de façades qui ne constitue en aucun cas selon eux «une restauration de la ville, de sa culture et son histoire».Pour certains, il s'agit pour beaucoup de maquillage de façade et de dénaturation de certains lieux historiques qu'il faut absolument sauvegarder non pas en érigeant d'autres édifices dans la hâte mais en poussant les gens à consommer de l'art au sein même de ces cafés, notamment dont se targuent Constantine et ses habitants. Ce n'est qu'ainsi qu'on ramènera les Constantinois à de meilleurs sentiments en constatant que leur fleuron patrimonial est bien pris en main et mis en avant de façon honnête et vraie, sans chichi ni surenchère à coups de milliards de centimes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com