La semaine a été pénible. On peut évidemment se tromper mais jusqu'à ce que les choses changent vraiment, ce n'est jamais bon signe quand on ne fait pas la même chose que les grands pays développés. Bien sûr, il doit exister quelques trucs que nous faisons mieux mais c'est souvent là où n'y sommes pour rien, la nature nous ayant gâtés en la matière. Mais pas en matière de santé, tout le monde l'aura compris. Tenez, s'agissant du vaccin contre le coronavirus, toutes les grandes puissances sont prêtes à entamer l'opération, dans un dispositif ou un autre. Il y en a même une, la Grande-Bretagne en l'occurrence, qui vient de commencer la vaccination proprement dite. Et quand on entend les autorités sanitaires du pays parler du sujet, ce n'est pas vraiment rassurant. On y apprend qu'on va encore se réunir pour choisir le fournisseur, qu'il se peut bien qu'on en ait plusieurs, qu'on doute encore de l'efficacité du vaccin, qu'un vaccin sûr a besoin de 5 à 6 ans pour être prêt, qu'on est dans un conglomérat de 180 pays qui va nous « aider à accéder au vaccin »...La semaine a été pénible. Les entreprises chinoises qui opèrent en Algérie sont généralement associées à des transactions pas très nettes. C'est peut-être exagéré, injuste ou plus grave qu'on ne le pense, il faut tout envisager quand on est dans le soupçon justifié, la spéculation facile ou le cliché tenace. Mais nos amis chinois ont aussi une réputation de travailleurs que personne ne leur conteste. À tel point que des Algériens se rassurent parfois de savoir qu'un projet qui les intéresse personnellement leur est confié, dans l'habitat, particulièrement. Mais voilà, l'entreprise chinoise Aceg (Anhui Construction Engineering Group), à qui on a confié 3 000 logements à la périphérie de Constantine, vient de recevoir une dernière mise en demeure avant la résiliation du contrat. Coup dur pour les souscripteurs qui viennent de... perdre un constructeur qu'ils pensaient sûr, en tout cas ponctuel, avec l'incertitude que cela implique sur la suite.
La semaine a été pénible. L'ancien Président français Valéry Giscard d'Estaing est mort du Covid à 94 ans. Bien sûr, le décès d'un ex-chef d'Etat français dont on ne retient pas grand-chose de ses relations algériennes aurait pu passer inaperçu. Mais voilà, avec les réseaux sociaux, on se rend compte que nous avons un avis sur tout, que nous commentons tout et parfois nous nous mêlons de tout. Les Français, eux, retiennent de lui d'abord le cinglant « vous n'avez pas le monopole du c?ur » à l'endroit de François Mitterrand. Il était aussi aux affaires pendant la suppression de la peine de mort et lors de la légalisation de l'avortement. Ils se souviendront enfin que VGE a décrispé la fonction présidentielle en allégeant le portrait officiel, en adressant ses v?ux en famille au coin du feu, en invitant les éboueurs au petit déjeuner, en jouant au foot et en accompagnant Claude François au piano. Plutôt pas mal pour quelqu'un qui prétendait qu'après son départ, on ne retiendra rien de lui, non '
La semaine a été moins pénible. Les réseaux sociaux, encore et toujours, nous donnent parfois du baume au c?ur. Tenez, on a tendance à croire que des Algériens méritants par le talent, par la bravoure, par le savoir ou par le sacrifice pour la collectivité, tombent systématiquement dans l'oubli une fois morts. Nous n'entretenons pas assez la mémoire de ceux qui le méritent ' C'est possible. Mais avec la toile, on se rend compte que tout le monde n'a pas oublié tout le monde, surtout pas les meilleurs d'entre nous partis trop tôt, surtout au moment où on en avait le plus besoin. On a vu pour Kateb Yacine, pour Djilali Belkhenchir, pour Matoub... et cette semaine M'hamed Issiakhem et Saïd Mekbel. Tout n'est pas perdu.
S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com