Le Président français a décidé de faciliter l'accès, dès hier, aux archives classifiées de plus de 50 ans, y compris celles relatives à la guerre de Libération nationale (1954-1962). L'Organisation nationale des moudjahidine (ONM) réclame la restitution des archives liées au domaine économique, craignant une sélectivité des documents concernés par la décision pour ne concerner que ceux qui n'ont aucune valeur pour l'Algérie.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Se disant méfiant de tout ce qui vient de la France, le secrétaire général par intérim de l'ONM, Mohand Ouamar Benlhadj, exprime ses craintes quant à la nature des archives que l'ancien colonisateur compte ouvrir.
« Nous ne savons pas de quel genre d'archives il s'agit », a réagi le SG de l'ONM que nous avons contacté hier.
La veille, la présidence française avait annoncé que «le Président Macron a pris la décision de permettre aux services d'archives de procéder aux déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale jusqu'aux dossiers de l'année 1970 incluse ».
Mohand Ouamar Benlhadj estime que les documents qui pourront être utiles à l'Algérie sont ceux liés au domaine économique et que la France avait transférés après l'indépendance du pays en 1962, et il réclame leur restitution.
« Pour moi, les archives qui pourraient être utiles à notre pays sont les archives relatives au domaine économique. La France a fait beaucoup de recherches, beaucoup de sondages y compris du sous-sol. Elle a fait de nombreuses études pour des barrages, des constructions nouvelles... Il y a des choses écrites et des études complètes qu'elle a prises avec elle. Ce sont ces archives qui pourraient être utiles à notre pays, qui peuvent servir la génération actuelle pour le développement du pays », a soutenu notre interlocuteur, évoquant « des études ayant été faites dans le cadre du plan de Constantine » élaboré en 1958 et qui visait la valorisation de l'ensemble des ressources de l'Algérie.
Le SG de l'ONM évoque également les archives liées aux essais nucléaires effectués par l'armée française dans le désert algérien entre le 13 février 1960 et le 16 février 1966.
Il appelle à la remise des documents relatifs à la cartographie des essais, les produits chimiques utilisés et leur durée de vie. Il demande en même temps à la France d'assumer ses responsabilités et d'accomplir son devoir de nettoyer les sites ayant servi à ces essais.
Rappelant le sable qui avait couvert le ciel de la France le mois de février dernier, charrié par un vent qui avait soufflé sur le Sahara algérien, transportant des particules radioactives comme le césium issu des essais nucléaires, notre interlocuteur a appelé les autorités françaises à livrer toute la vérité sur cette substance.
Mais au final, « que changera-t-il avec l'ouverture des archives '» s'interroge-t-il, affirmant que « ce qui peut porter préjudice aux intérêts de la France ou à sa renommée en tant que grande puissance civilisatrice, évoluée, pays des droits de l'Homme, tout ce qui pourrait remettre en cause tout ça ou entraîner une demande de compensation ou d'indemnisation, ne sera pas remis ».
Que faire pour l'apaisement des mémoires '
Pour notre interlocuteur, cela doit commencer par la reconnaissance de tous les méfaits commis par la France en Algérie pendant les 132 ans de colonisation.
« Quand la France reconnaîtra ses méfaits, il nous appartiendra ensuite de demander la compensation ou de lui pardonner », a-t-il expliqué.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aimeur
Source : www.lesoirdalgerie.com