Lors de l'installation de son bureau de Constantine, le 23 du mois en cours, l'association des femmes algériennes chefs d'entreprise, «Savoir et vouloir entreprendre» (SEVE), a invité, au restaurant Les platanes, d'autres femmes chefs d'entreprise, ou porteuses de projets, pour faire part de leurs expériences respectives dans divers domaines d'activité.
Des femmes qui ont réussi à dépasser les tabous absurdes d'une société en mal de repères. Après les précisions livrées par la présidente de SEVE (voir notre édition du 24 octobre)-, l'assistance a eu l'agréable surprise de découvrir que des femmes gèrent-, d'une main de fer-, des entreprises pourvoyeuses d'emploi. Mme Bensouiki est l'une d'elles. D'enseignante d'anglais universitaire, elle deviendra agricultrice. Fille de propriétaires terriens, elle n'a pas eu d'autre choix (n'ayant pas de frère) que de prendre en main le domaine familial à Didouche Mourad. Elle raconte, non sans fierté: «Je n'avais aucune expérience dans le domaine, à part mon amour de la campagne.
En 1992, j'ai contracté des prêts bancaires pour acheter du matériel agricole et restaurer la maison familiale, où je me suis installée avec ma petite famille ; j'ai commencé par planter des arbres fruitiers sur 6 ha; aujourd'hui j'ai des terres céréalières et j'ai réussi à faire 50q/ha. J'emploie 6 ouvriers, en plus de saisonniers. Le secret de ma réussite c'est le travail et l'honnêteté envers mes employés qui sont bien payés et assurés.»
Dans ce même domaine, l'on avancera l'exemple d'une certaine Mme Benabdeldjalil, qui a quitté sa vie à Paris, pour exploiter 1000 ha à Adrar. Mme Bendjeddou gère, quant à elle, une imprimerie financée par l'Ansej. «C'était un parcours de guerrière, raconte-t-elle; nous travaillons aujourd'hui, mes deux s'urs et moi, en plus de 6 employés, à la modernisation de notre imprimerie». Une autre dame (aujourd'hui âgée, mais toujours active), Dahbia Torki, a monté, 30 ans plus tôt, une entreprise de couture et broderie. Elle n'a jamais été à l'école, mais a la ferme intention de concurrencer le produit chinois. Mme Bekkouche, elle, travaille dans le flexible. Avec son époux, elle active dans la pièce détachée et de rechange. Ils ont obtenu 27 homologations entre 1999 et 2004.
D'autre part, la présidente de SEVE, Mme Bentaya, évoquera un domaine «complètement délaisse»: la sous-traitance. «Il faut mettre en synergie les entreprises de femmes pour leur propre survie», préconise-t-elle. Elle insistera aussi sur la nécessité d'exploiter la valeur ajoutée d'un produit. Elle donnera, à ce sujet, l'exemple d'un Français, à Annaba, qui collecte les noyaux d'olive pour la cosmétique. D'autres ont récupéré des herbes et autres feuilles fanées pour en faire du compost naturel, «exportable au prix fort». «On peut tout récupérer, tout recycler», assure-t-elle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Hamadou
Source : www.elwatan.com