De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
La troisième soirée du Festival international du malouf consacrée aux mouwachahate égyptiennes a vu le qanûn occuper le premier plan.De fait, la Maison de l'opéra d'Egypte, sous la baguette harmonieuse du virtuose de cet instrument Saber Abdessatar, compositeur surdoué, a donné un autre registre parallèle au malouf, c'est-à-dire allant «à contretemps de l'essence» de la manifestation, mais qui, cependant, a trouvé un public récepteur. Tel un conte musical, la première partie du spectacle a été consacrée à une suite instrumentale variée, 'uvre originale de l'artiste. El Maoulid, Tassabih, Fareh, Yasmine et papillon se succédèrent avec des tempos allant crescendo et les présents sont envoûtés par les airs égyptiens modernisés par une touche supplémentaire du qanûn.
Pour marquer l'évènement «l'opéra» a offert un ensemble de «mouwachahet andaloussia» à Constantine. Une façon de rendre hommage au malouf. «J'espère que ces modestes compositions vous plairont», s'est incliné modestement cet artiste sous un tonnerre d'applaudissements. Pour rajouter du zest il s'est dit très touché par l'accueil que lui a réservé l'Algérie. «A mon retour, je dirai à chaque Egyptien que je croiserai sur mon chemin que le peuple algérien vous aime. Il n'y a plus de place pour les clichés», a-t-il promis avant d'entamer la seconde moitié de la prestation où «la magie d'Egypte» sera étalée à travers les vocalistes qui défileront pour interpréter chacun leur «mini-texte» en dégageant une forte voix appuyée par une partie instrumentale agréable.Hat ayouha essaki, Wajhouka mouchrik, Ana hawait,'sont toutes des compositions de Saber Abdessatar qui les a de surcroît orchestrées. L'opéra s'adonnera en fin de sa soirée à une échappée instrumentale de haute dimension. Le qanûn, comme au début du show, s'est mis à vibrer sous les pincées majestueuses du maestro. Ce dernier venait confirmer encore que le premier prix qu'il avait obtenu à Alger en 2001 lors de la manifestation consacrée «au meilleur instrumentiste arabe au qanûn» était plus que jamais méritoire.Rappelons que l'Opéra d'Egypte a pris part au Festival international religieux d'El Inchad organisé à Tlemcen. Le Théâtre de Constantine qui, depuis le début de cette festivité, souffle le chaud et le froid en matière d'audience, a enregistré lors de cette soirée un pic d'entrées. Et cela a un lien direct avec la suite des programmes avec l'association El Inchirah, qui est financée par le groupe Sonelgaz, et devait assurer la deuxième partie de la soirée. Ce qui a drainé ce beau monde composé particulièrement de parents et proches des musiciens venus beaucoup plus pour soutenir leurs protégés. Quoi qu'il en soit, le cocktail du jour a été apprécié. Et il serait même bon que les organisateurs du Festival international du malouf en prennent de la graine et comprennent qu'ils devraient donner à la manifestation d'autres perspectives et lui ouvrir de nouveaux horizons pour qu'elle s'accorde à l'air du temps et que le malouf reprenne bonne place au sein de la société, toute la société. Il s'agit de réduire les hiatus et éviter les scissions en redonnant à cet art la dimension sociale et culturelle qu'il doit avoir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com