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«Le pouvoir judiciaire en sortira grandi ou diminué dans ce scrutin» SOLTANI ET LES ELECTIONS LEGISLATIVES DE MAI



«Le pouvoir judiciaire en sortira grandi ou diminué dans ce scrutin» SOLTANI ET LES ELECTIONS LEGISLATIVES DE MAI
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili

Le président du MSP a animé, au cours de la matinée d'hier, une rencontre avec les militants. Inhabituellement, la salle du centre culturel Ben Badis était correctement remplie, mais sans plus, c'est-à-dire contrairement aux meetings des derniers passages de Bouguerra Soltani. Une réalité à laquelle il a fait semblant de ne pas prêter beaucoup d'attention mais qu'il s'est trouvé dans l'obligation de commenter à notre question sur une autre réalité qui consiste à déduire que la fracture est bel et bien effective depuis la dissidence interne orchestrée par A. Menasra «En fait, il y a deux raisons à votre remarque, d'abord nous pensons que la psychose du froid règne encore sur la région et cela nous l'avons vécu la semaine écoulée à l'ouest du pays où des militants ont tout simplement décliné leur présence, ensuite il ne s'agit pas d'un meeting, mais plutôt d'une rencontre structurelle dans laquelle il va être question des prochaines élections législatives. D'ailleurs, même la presse ne devait pas être conviée à cette prise de contact. Enfin, permettez-nous de conclure, si nous nous évertuons à organiser des rencontres où vont être mobilisés des milliers (sic) de militants, qu'allons-nous faire ensuite pour maintenir cet engouement (sic). Quant à la précision sur la fracture autrement vue, c'est-à-dire politiquement, nous vous laisserons le soin d'apprécier le 10 mai prochain la légitimité, voire l'importance des uns et des autres (entre le MSP et le Front du changement d'A. Menasra, ndlr).» Dans un autre contexte, Soltani considère qu'«aucune formation politique n'est en mesure de diriger seule le pays», plus précis encore, «il relève de l'impossible qu'un parti puisse obtenir la majorité absolue aux prochaines législatives», une manière comme une autre d'expliquer la nécessité, voire l'obligation pour des partis politiques, qui se rejoindraient sur les programmes et/ou les objectifs de la gouvernance, de se coaliser, justifiant cette proposition par le fait «qu'il n'y a aucun avantage à aller aux élections à plusieurs formations au risque de réduire tous les facteurs de succès et d'impact politique a posteriori. Toute alliance peut être réalisée aussi bien avant qu'après les élections». Ces données induisent pour le président du MSP ipso facto une profession de foi «la victoire incontestable des partis islamistes aux élections du mois de mai».Mais pour affirmer par anticipation une victoire des islamistes, Bouguerra Soltani serait-il au fait d'un déroulement des élections pour une fois délesté des stigmates habituelles de fraude à grande échelle ' Aurait-il connaissance personnellement d'assurances immuables en ce sens ' Il semble réellement convaincu de l'honnêteté du prochain scrutin dans la mesure où pour lui l'engagement du chef de l'Etat est un fort signal. Toutefois affirmant une chose et son contraire, il ajoutera : «Tout dépendra de l'implication et du rôle qu'aura à jouer le pouvoir judiciaire dans le respect des lois et surtout de la transparence du scrutin. S'il y a modification effective du paysage législatif le 11 mai, incontestablement le grand vainqueur des élections sera en premier le pouvoir judiciaire dans la mesure où il aura apporté la preuve d'une réelle séparation des pouvoirs.» En fait, il aura fallu la conférence de presse pour déverrouiller les intentions du président du MSP, car il y a lieu de souligner que son adresse aux militants a surtout été focalisée sur la Journée du chahid quoique Soltani ait excessivement fait dans l'hyperbole en s'appuyant sur les martyrs, l'accès à l'indépendance et les étapes successives depuis le 5 Juillet 1962 comme pour dire qu'en réalité le sacrifice de ces martyrs n'aura qu'été vain puisque l'injustice sociale des colonisateurs serait toujours omniprésente. Il évoquera une injuste sociale quasi régulière imputable à l'instabilité du pays depuis cinquante ans, datant dans la foulée de la période 1962-1979, 1979-1988, 1990, 1991 jusqu'à 2011 pour souligner que successivement les dirigeants n'ont fait que gérer des crises ponctuelles et les périodes de transition qui leur étaient intermédiaires. Quoi qu'il en soit, le discours de Bouguerra Soltani donnait l'impression d'un discours de fin de parcours, voire d'un homme politique las, désabusé.
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