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Le paiement par échelonnement et la majoration du négociant



Le paiement par échelonnement et la majoration du négociant
Animés par des annonceurs ou par des vendeurs ou représentants, ces magasins du web proposent divers produits de marques différentes selon les goûts et les attentes du consommateur. De nombreuses personnes puisent dans ce nouveau marché hétéroclite. Et la régulation y est loin dès lors que le commerce en général patauge dans la confusion avec l'informel qui prédomine et défie le règlement, échappant évidemment aux responsables du secteur. «Ce sont des accords conclus entre négociants et clients. La DCP n'a aucun regard sur cettepratique», souligne un agent à la direction du commerce. La dégradation dupouvoir d'achat des Algériens pousse les consommateurs à dénicher des occasions pour meubler leur besoin en la matière. Tout le monde s'adonne à cette pratique depuis que la scène commerciale est inondée par des produits électroménagers toutes marques confondues avec notamment l'influence des firmes étrangères via leurs représentations en Algérie et dont la cote est toujours de mise. Le boom du numérique et la main-d'?uvre incommensurable chinoise ont contribué à ladisponibilité de la marchandise. Et c'est une offre qui dépasse largement la demande si l'on se fie aux déclarations de quelques commerçants actifs en grandes surfaces. À Constantine les appareils électroménagers envahissent les étals durant les douze mois de l'année. Période propice, les chauffages à gaz sont les plus prisés actuellement. Suivent les classiques machines à laver, réfrigérateurs et cuisinières, soit des articles de première nécessité devant les formats variables de télévisions et les démodulateurs. Outre les produitsmultimédias qui ont le vent en poupe. Devant ce choix donnant le tournis, le consommateur au modeste revenu n'a d'autres choix que de puiser dans la trace d'une éventuelle facilité de payement auprès des propriétaires de boutiques. Il suffit de disposer d'une fiche de paie, d'une photocopie de la carte d'identité légalisée et bien évidemment de chèques pour que le prêt soit accordé, selon un contrat type, sur l'étendue de remboursement, paraphé entre les deux parties. C'est la clause adoptée par la plupart des commerçants. Leconsentement de l'acheteur est manifeste car n'ayant pas d'autres alternativesd'acquérir l'équipement désiré. Cet engouement ouvre, par conséquent, une brèche à une majoration souvent choisie par le détaillant, mais ne répondant à aucun critère plausible relevant des pratiques commerciales dites «licites». À ce sujet, notre même interlocuteur soutient que tout dépend de l'accord initial entre le client et le vendeur. «La direction du commerce ne pourra s'interférer puisque les deux parties ont convenu par contrat», a-t-il précisé.En clair, c'est l'occasion pour écouler des produits par tranche. Facture retardée, mais salée. Le flou autour de ces conventions persiste en l'absence d'articles ou de code les régissant et protégeant un tant soitpeu la vulnérabilité du consommateur. Aujourd'hui, aucune partie ne pourra accuser l'autre en s'appuyant sur l'accord de départ. De l'avis de quelques personnes questionnées à ce propos, en ces temps de crise, le recours à ces achats à créances devrait se multiplier au courant de l'année : «Nous ne touchons pas des millions comme les députés ou les élus pour nous permettre des achats payés cash. En plus, le cadre peine à s'en sortir, et que dire du simple fonctionnaire ' Maintenant que les comptes sont affectés par la chute du prix du pétrole on imagine une forte demande sur les créances au niveau des banques», relèvent des citoyens. Par ailleurs, des observateurs anticipent d'ores et déjà sur la mauvaise application du crédit à la consommation annoncé par les pouvoirs publics pour le premier trimestre 2015. «Il faudra suivre à la trace l'octroi de ce prêt destiné à consommer ??algérien'' pour demeurer fidèle au dogme de Sidi Saïd et préserver l'économie nationale», préviennent-ils. En d'autres termes, l'argent qui sera alloué, après étude des factures pro forma des produits délivrés par les entreprises commerciales ou opérateurs, doit être versé au profit d'un article confectionné localement. Cette alerte n'est pas fortuite car des expériences antérieures ont mis à nu quelques pratiques frauduleuses, témoigne un ancien inspecteur auprès du secteur du commerce lequel a été saisi de quelques cas. «Des clients ont détourné de l'argent de son cours initial destiné à l'achat basé sur des factures pro forma avec l'aval du négociant. Puisque c'est la banque qui s'acquitte de la note avant d'établir un calendrier de remboursement au bénéficiaire du crédit», nous confiera-t-il. En définitive, pour certains, le retour au crédit à la consommation est uneaubaine pour refaire ses équipements électroménagers et concourir par-dessus tout à la protection du «made in Algeria» en cette crise pétrolière usant au quotidien la rente.N. H.


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