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LE MINISTRE DE LA SANTE AU CENTRE ANTICANCER DU CHU DE CONSTANTINE



La réalité implacable du terrain n'émeut toujours pas Djamel Ould Abbès qui ressasse à qui veut l'entendre que son secteur va bien, que la pénurie du médicament n'est qu'une vue de l'esprit et que les couloirs de nos hôpitaux ne sont pas des mouroirs.
Pourtant, ce dont il était témoin lundi soir au centre anticancer du CHU de Constantine contredit totalement le discours rassurant. La détresse des malades cancéreux issus de 16 wilayas de l'Est, entassés dans un couloir lugubre aménagé en salle d'attente, qui l'interpellaient sur les conditions «inhumaines» d'accueil et d'admission ou encore sur la pénurie des drogues était patente. Le ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, qui a dû s'expliquer devant des malades en pleurs et en colère, n'a vu qu'une infime partie de la réalité. «Il n'a rien vu. Qu'il vienne sans s'annoncer et il verra la galère que nous vivons au quotidien», soulignera un parent de malade qui ne croyait pas ce qu'il venait d'entendre de la bouche du ministre. Ce dernier, interpellé par un malade qui se plaignait de la pénurie des drogues pour les cancéreux, a sorti sa réplique habituelle : «Les médicaments sont disponibles. L'Etat a dépensé 25 milliards de dinars rien que durant les 5 derniers mois.» Un autre parent d'un patient issu de Sétif admis au CAC l'interpelle pour lui faire part de la situation de son père. On aurait, selon le fils du patient, refusé de soigner les plaies béantes de son père et on lui aurait même exigé, affirme-t-il, de fournir les pansements. A ce dernier, Djamel Ould Abbès dira, dans une tentative de récuser les affirmations des praticiens s'agissant de l'existence d'une tension sur le consommable : «Vous n'avez pas à les acheter Le département de la Santé dispose d'un budget de 594 milliards de dinars.» D'ailleurs, pour mettre un terme à cette situation inextricable qu'est la pénurie de médicaments, qui découle, selon le ministre, de «la mauvaise distribution », il annoncera que le CHU de Constantine «n'aura plus à faire appel pour ses besoins en médicaments à la PCH d'Annaba». «Dorénavant, adressez vos commandes directement à la pharmacie centrale. Le wali mettra à votre disposition un hangar pour le stockage.» La nouvelle extension du centre anti-cancer de Constantine, en chantier depuis plusieurs années, sera fonctionnelle, selon le ministre, au plus tard à la fin de l'année. Aussi, ce dernier a donné au wali carte blanche, en décentralisant la prise de décisions concernant la réalisation de ladite structure. Aussi, les 4 278 malades dudit centre devront encore patienter. S'agissant des équipements du CAC, à savoir trois accélérateurs, Djamel Ould Abbès a indiqué que ces derniers sont arrivés dimanche au port de Skikda. Une fois les procédures portuaires achevées, ils seront acheminés à Constantine et installés. Le ministre annoncera également qu'un lot de 60 accélérateurs d'un coût de 250 millions de dollars a été acquis pour l'équipement des différents centres en réalisation. Par ailleurs, le ministre de la Santé, qui a inauguré un nouveau IRM (imagerie à résonance magnétique), a menacé d'écarter la firme Philips, qui, semble-t-il, a refusé d'assurer le service après-vente des scanners du CHU en panne depuis une année, de tout marché. «Dites-leur que si vous ne réparez pas le scanner dans 15 jours, vous n'aurez pas un clou en Algérie», menacera-t-il Aussi, il révélera s'agissant des équipements de radiothérapie qu'il a demandé «une autorisation au Premier ministre lui permettant de passer des marchés de gré à gré». Le but étant, a-t-il expliqué, de gagner du temps et d'accélérer la procédure d'acquisition de matériel. Sur un autre registre, deux projets structurants d'un coût global de 34 milliards de dinars ont été inscrits au profit du secteur sanitaire de Constantine. Il s'agit d'un pôle sanitaire comportant un CHU et un complexe mère-enfant devant être implanté à la nouvelle ville Ali-Mendjeli.


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