Constantine - Revue de Presse

Le logement social en question



Cinquante mille demandes de logement en souffrance depuis 1994, des quotas insignifiants attribués à la daïra qui, depuis l'année 2005, se charge de la distribution, des opérations d'attribution soupçonnées de manquer de transparence, et d'ailleurs souvent décriées par les candidats malheureux, ceci d'un côté, et de l'autre une opération cession des biens de l'Etat, en panne à cause des prix prohibitifs au mètre carré fixés par l'OPGI et de la paupérisation de la population concernée. La question du logement dans la daïra de Constantine reste posée dans toute son ampleur.

 Et c'est cette situation qui a été proposée au débat, hier, sur le plateau de la radio régionale dans le cadre de l'émission «Forum de la radio» animée par des invités des secteurs concernés, les journalistes et les citoyens. Et comme pour les émissions précédentes, les premiers responsables des secteurs concernés (daïra et domaines) n'ont pas répondu à l'invitation et ont envoyé à leur place des chefs de services. Et c'est ainsi que ceux-ci se sont limités à donner des explications sur la réglementation en vigueur et les conditions d'attribution de logements, de cession des biens de l'Etat, mais incapables de donner une quelconque appréciation ou d'expliquer les blocages et les dysfonctionnements nombreux que connaissent ces deux opérations. Exemple: à une citoyenne qui demandait pourquoi elle n'a pas eu la chance d'accéder à un logement alors qu'elle avait déposé une demande depuis 12 ans, et à une autre âgée de 83 ans et femme de chahid de surcroît, ces deux femmes disant être mal logées, le représentant de la daïra, après avoir évoqué les critères d'attribution dans les deux cas, a répondu que cela résulte tout simplement de la maigreur des quotas à distribuer que reçoit chaque fois la daïra et que, par ailleurs, la commission d'attribution, appliquant la règle de la priorité, veut d'abord éponger les dossiers finalisés datant de 1994 à 1996. Il ne manquera pas aussi d'évoquer les priorités accordées aux situations d'urgence comme le cas la délocalisation des habitants du quartier du Bardo.

 Pour sa part, le chef de service des biens de l'Etat a révélé que, depuis l'entrée en vigueur de la loi sur la cession des biens de l'Etat en 1981, ils n'ont enregistré que 1.301 demandes portant sur 1.145 logements et 156 locaux commerciaux.

 Par rapport au parc immobilier de la catégorie que compte la daïra de Constantine, de son ancienneté, du fait que le volume du parc n'a pas évolué depuis l'indépendance étant donné que tous les nouveaux logements ont été construits dans la périphérie de la daïra, il a estimé que ce nombre n'est pas mal, et ce malgré que le prix de référence au mètre carré de ces logements, fixé dans une première étape par l'OPGI à 18.000 dinars, ce qui faisait qu'un F3 à la cité Boussouf, par exemple, revenait entre 135 et 140 millions de centimes, a freiné considérablement l'opération, et ramené ensuite à 14.000 dinars (90 à 95 millions le même logement) avec d'autres stimulants (délai de règlement sur 20 ans, versement de 5% du prix, etc.), l'opération a été boostée.

 Prié de fournir le chiffre total de ce parc, il renvoya tout le monde à l'OPGI, seul organisme, selon lui, qui détient le renseignement demandé. Et ce responsable s'empressa aussitôt de rejeter l'argument de manque d'information imputé à son secteur affirmant que des journées portes ouvertes sont régulièrement tenues au palais de la culture Al-Khalifa. En définitive, le fond du sujet n'a été qu'effleuré: d'abord par l'absence de responsables avérés qui ont tout simplement délégué des subalternes, et ensuite par un débat faussé par les auditeurs qui ont beaucoup plus exposé des problèmes individuels que les problèmes de fond qui touchent le sujet crucial des logements et de la cession au niveau national.


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