Constantine - A la une

Le hirak ne lâche pas ses fondamentaux



Les Constantinois n'ont pas failli à leurs engagements d'en finir avec les résidus du système et les figures héritées de l'ère Bouteflika.Le 47e vendredi consécutif de mobilisation citoyenne a été une autre halte qui n'a guère dérogé aux rituels imposés par les Cirtéens depuis onze mois.
Engagement, détermination et dévouement à la cause citoyenne face à l'absolutisme des pouvoirs successifs depuis l'indépendance et aux idéaux de Novembre 1954. C'est d'ailleurs pour cela que des slogans à la gloire des valeureux martyrs de la guerre de Libération nationale, Abane Ramdane, le colonel Amirouche, Larbi Ben M'hidi, Zighoud Youcef ou encore Ali La Pointe, de son vrai nom Ali Ammar, et Hassiba Ben Bouali, sont scandés par les marcheurs pour dire l'essence authentique de ce mouvement populaire et démentir les allégations des officines du pouvoir brandissant l'épouvantail de "la main étrangère". Telle est l'image première qui illustre ce 47e acte du soulèvement populaire à Constantine, tant il est vrai que la marche de ce vendredi a fait abstraction de tous les développements récents intervenus sur la scène politique si ce n'est la référence au rejet pur et simple du magistère du nouveau locataire du palais d'El-Mouradia, "mal élu et incarnant la perpétuation du régime", selon les marcheurs. Par milliers, ces derniers ont sillonné les principales artères de la ville sans se soucier, aussi, des intimidations de quelques baltaguia massés çà et là sur les trottoirs, mais qui n'ont pas osé, cette fois-ci, empêcher la procession. Sur ce point, même le service d'ordre semble avoir pris ses précautions en encadrant hermétiquement le lieu de ralliement de ces fauteurs de troubles, vraisemblablement ankylosés par l'indifférence des marcheurs, demeurés, pour leur part, entièrement concentrés sur l'objet de leurs contestations. Aussi, ils entonneront des chants et des slogans en hommage aux détenus d'opinion encore emprisonnés revendiquant leur libération, la consécration des principes essentiels dans toute démocratie : la liberté de la presse et l'indépendance de la justice. Et il va sans dire qu'à l'instar de toutes les autres marches, le désormais emblématique "Etat civil et non militaire" a, inévitablement, jalonné cet autre rendez-vous empreint de l'infaillible détermination dont ont fait preuve les Constantinois durant quasiment une année entière.

Kamel Ghimouze
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