
Cinq ans de professionnalisme pour en arriver là. L'affaire «CSC-USMBA» en coupe d'Algérie n'a fait qu'illustrer par la négative les errements de notre football et de ses dirigeants. Singulièrement, de ces derniers censés former des sportifs de haut niveau pour les diverses catégories du football algérien. Au final, il n'en est rien tant du fait de l'amateurisme de dirigeants inaptes à se hisser à la hauteur des missions dont ils (se) sont investis, que du volontarisme des responsables des instances du football national. Ainsi, en 2014, comme en 1970, les associations sportives sont dirigées à la hussarde sans planning, sans fondement juridique clair, ne disposant pas de centres de formation, ni d'un cadre de travail précis. En fait, la seule chose qui peut être retenue du professionnalisme à «l'algérienne» ce sont les salaires mirobolants octroyés, contre toute raison, aux footballeurs dits «professionnels». Pour le reste, il y a encore à trimer et à creuser pour sortir du tunnel. Mais, pour cela il aurait fallu que ceux qui s'occupent du football en Algérie - instances dirigeantes du football et leurs homologues des clubs professionnels - disposent d'une culture sportive et footballistique. C'est loin d'être le cas. C'est cette absence de culture sportive, avec tout ce qui va avec, qui a fait que le jeu à onze algérien n'arrive pas à progresser. Aussi bien au niveau des instances nationales du football que celles des clubs dits «pros» on a mis la charrue avant les boeufs. Nous n'avons pas construit la pyramide normale, en hiérarchisant la donne en commençant par le bas pour arriver tout en haut, par la mise en place d'assises juridiques et compétitives solides qui permettraient au football algérien de se régénérer par lui-même, d'avoir une autonomie de gestion et, cerise sur le gâteau, remporter les titres qui honorent l'Algérie. Or donc, on a privilégié la politique du prestige aussi dispendieuse que sans lendemain. Un satisfecit onéreux mais de courte vue. Bien sûr que les Algériens étaient heureux en rapport à l'excellent Mondial produit au Brésil par l'Equipe nationale. Toutefois, à moins d'être de mauvaise foi, quelle relève existe dans l'antichambre de l'EN «A» formée à 98% de joueurs émigrés' Nous n'en dirons pas plus sur ce chapitre. Notons toutefois qu'aucun joueur de champ n'est appelé en Equipe nationale. Ce qui n'a pas manqué de susciter l'étonnement, y compris parmi les observateurs étrangers. Alors à quoi servent les milliards dépensés par l'Etat pour le football professionnel' Si le professionnalisme ne fonctionne pas comme il était attendu, c'est que quelque chose cloche qu'il va falloir corriger pour obtenir des résultats. Mais pour cela il aura fallu qu'il y ait des dirigeants au niveau des instances du football et des clubs conscients de ces carences et des faiblesses structurelles du football national. Tenez, cela nous ramène au cas un peu farfelu de la faute des dirigeants du CS Constantine qui alignèrent un troisième joueur étranger. Cela aura au moins permis la mise en lumière du vide juridique concernant une compétition aussi populaire que la coupe d'Algérie, à laquelle les règles régissant le championnat professionnel ne s'appliquent pas et ne peuvent pas s'appliquer. On a focalisé sur l'article 97 des règlements généraux. Relisez-le. Il est spécifique aux championnats professionnels des Ligues 1 et 2 Mobilis. Aussi, cet article est inapplicable, en l'état, à la situation ainsi créée. Un grain de sable qui enraye la machine. En l'absence de textes clairs, rejouer le match est encore la décision la plus sensée. Ce que d'ailleurs a décidé la commission de la coupe d'Algérie. Cette erreur est plus à imputer aux instances dirigeantes du football qu'aux clubs. Toutefois, ces derniers profitent de l'absence de clarté et de précision dans les textes régissant la pratique professionnelle pour agir à leur guise. Le président de la Ligue professionnelle de football (LFP) affirmait récemment que l'ensemble des clubs professionnels algériens sont en faillite - comment ne pas l'être alors que des clubs paient leurs joueurs jusqu'à 300 millions de centimes par mois'- sans pour autant prendre les décisions qui s'imposent en l'occurrence, comme d'exiger un moratoire aux clubs, les sommant de réviser les salaires des joueurs comme se mettre en conformité avec les règles du professionnalisme, aussi mal faites soient-elles. Et l'on continue de porter au firmament un football qui n'a pas produit cette relève dont le football algérien a besoin. Où sont les catégories U15, U16, U17, U18, U20, U21 absentes des compétitions continentales depuis des décennies' On se gargarise de nos «succès», mais pour le moment le football algérien n'a produit que le néant. Si, il y a une exception: l'Entente de Sétif. Mais c'est déjà une autre histoire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim MOHSEN
Source : www.lexpressiondz.com