
A. LemiliEn admettant que la solution ne relève pas intrinsèquement de la maîtrise de l'ordre public, le wali de Constantine concède à l'insu de son plein gré que les raisons des conflits à succession qui opposent des habitants de l'unité de voisinage 14 de la nouvelle ville Ali-Mendjeli échappent, de manière quasi-dramatique, au pouvoir des autorités locales, voire nationales.Hocine Ouaddah, wali de Constantine qui s'est rendu dans la matinée de jeudi dernier sur les lieux pour anticiper sur une potentielle déflagration dans ce qui n'est, ni plus ni moins, qu'un véritable ghetto, fera parler de lui à l'avenir et certainement deux fois plus qu'une en ce sens que les faits d'armes qui s'y déroulent ont pour «avantage» d'être médiatisés et même surmédiatisés. Parfois non sans relents de romance à deux kopecks.La violence dormante qui oppose les déracinés de Fedj Errih à ceux d'Oued El Had, deux anciennes populations des méga-bidonvilles qui essaiment la wilaya de Constantine, a la particularité de ressembler, toutes proportions gardées, à une espèce de «Règlement de comptes à O.K. Corall» sauf que les belligérants, fusion involontaire imposée certes par la nécessité (logement) font partie de part et d'autre à la frange la plus vulnérable de la société, laquelle ne saurait autrement être dépeinte qu'à travers des cohortes de délinquants, prostitué(e)s, dealers, repris de justice et dans le meilleur des cas de main-d'?uvre précaire.Rapporter dans les détails ce qui se passe à hauteur de l'UV 14 consisterait à apporter de l'eau au moulin de ceux que l'instabilité des lieux arrange, mais aussi donner de l'importance à des bandes de jeunes dont la prise en charge doit être tout autre que d'en faire, à travers les supposées enquêtes journalistiques faites en immersion (excusez du peu) une sorte de Scarface à la petite semaine. Et c'est là également que la démarche des pouvoirs publics, et à leur tête le wali, est en soi surréaliste. Faire appel au bon sens des uns et des autres via leurs ascendants et/ou tuteurs tout en sachant qu'une fois parti tout le monde va donner libre cours à ses instincts innés de bastonneurs... le seul exercice ludique possible pour une population qui a de tout temps vécu à la marge de la société comme en témoigne l'implantation à la périphérie de la ville de leurs anciennes habitations. Une situation géographique qui durant ces cinquante dernières années a bien évidemment arrangé les pouvoirs publics locaux parce que le cantonnement des deux sites permettait au mieux leur prise en charge, voire leur surveillance et permettait surtout, sans risque d'extension de la colère, les moyens de les contenir le cas échéant.Hocine Ouaddah a rencontré au sein de la maison des jeunes A. Mihoubi les représentants des deux «clans» et s'est voulu compréhensif, persuasif et menaçant. En quelque sorte la main de fer dans un gant de velours, une attitude qui a très peu de chances de payer face à des jeunes extraits, vaille que vaille, de l'élément naturel qu'était leur ancienne cité, leur seul repère. Ce déracinement, aucune partie au sein des pouvoirs publics ne semble l'avoir perçu. Les affrontements entre les jeunes de l'UV 14 vont continuer de plus belle à avoir lieu, et ne seraient pour ces jeunes que leur manière, à eux, de répondre à des responsables qui semblent venir... d'ailleurs.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com