
58 ans sont déjà passés depuis l'appel lancé par l'Ugéma aux étudiants et lycéens pour rejoindre le maquis. De nombreux écrits, comme les mémoires de Mohamed Harbi, les témoignages de Redha Malek, Belaïd Abdeslem ou Lamine Khene, permettent de mieux connaître le contexte qui vit la section algéroise du syndicat étudiant, né une année auparavant à Paris, prendre une telle décision. Cette frange de la population, même si elle n'était pas nombreuse, ne pouvait rester indifférente ou en marge de l'évolution politique. Le FLN en se structurant cherchait à constituer un large front où chacun s'impliquerait et clamerait son attachement à l'indépendance. Ils furent alors nombreux à répondre à cet appel du devoir pour combattre aux côtés des djounoud de l'ALN. Parmi eux, des femmes, comme Meriem Belmihoub.Les structures de l'ALN en matière de santé, de logistique, eurent un renfort de qualité. Beaucoup d'entre ceux qui abandonnèrent les cours rejoindront les services techniques qui formeront l'ossature du Malg. Dès que les dirigeants de l'Ugéma avaient lancé l'appel, des centaines ont répondu en soutenant mordicus qu'« avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres ». L'histoire a retenu pour toujours ce cri du c?ur et de la raison. A quoi donc serviraient ces diplômes qu'on continue à nous offrir pendant que nos mères, nos épouses, nos s?urs sont violées, pendant que nos enfants, nos vieillards tombent sous les mitrailles, les bombes du napalm ' La réaction des étudiants a énormément secoué les consciences et fut un tournant décisif dans l'évolution de la Guerre de libération. Le défunt Abderezak Bouhara, ancien moudjahid, avait assuré, au forum d'El Moudjahid, que l'encadrement de la grève historique des étudiants du 19 mai 1956 a été assuré par le mouvement de libération national. Bien avant le déclenchement de la Guerre de libération on s'y préparait. En 1953, à Constantine, un groupe d'étudiants avait déjà mené une action pour la préparation de la grève. Des réunions de sensibilisation des étudiants et des lycéens pour la prise de conscience s'étaient tenues. Avant 1954, année du déclenchement de la Révolution armée, le climat était déjà propice à la participation des étudiants et des lycéens dont certains ont rejoint le maquis avant l'appel à la grève. Certains sont tombés au champ d'honneur à l'instar de Abdelhak Kouicem, Slimane Freda, Ali Mekki ou Allaoua Benbatouche. Le colon ne s'attendait pas à ce ralliement massif des jeunes à la cause nationale et a mené une propagande auprès des familles les incitant à interdire à leurs enfants de monter aux maquis. La date du 19 mai fait toujours interroger. Elle a injecté des dizaines de lettrés dans les maquis. Pas seulement. Beaucoup parmi les fondateurs et les animateurs de l'Ugéma allaient occuper, à l'image de Redha Malek, Benyahia, Khemisti, Ahmed Taleb ou Layachi Yaker, des postes importants dans l'Algérie indépendante. Elle fut de ce point de vue la base de refondation d'une Algérie où l'élite a pleinement et courageusement rempli sa mission.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H R
Source : www.horizons-dz.com