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Le contrat de la Seaco sera reconduit en 2014 Tenants et aboutissants politiques obligent



Le contrat de la Seaco sera reconduit en 2014 Tenants et aboutissants politiques obligent
A. Lemili

Le contrat de la SEM va-t-il être reconduit ' Malgré les non-dits de Loïc Fauchon, le Président-directeur général de la Société des eaux de Marseille, lors de la conférence de presse qu'il a donné jeudi passé, celui-ci est bien parti pour une reconduction tacite même s'il a évacué du revers de la main notre question à ce sujet. Conclu en 2008 pour une période de 66 mois, le contrat s'élève à près de 28 millions d'euros et consiste en une gestion déléguée de l'eau et de l'assainissement sur un groupement de communes de la wilaya de Constantine. La Seaco est née de cette option, avec pour actionnaires principaux deux entreprises algériennes, en l'occurrence l'ADE et l'ONA. L'un des objectifs étant notamment la desserte continue (H24) d'eau potable et une évacuation des eaux usées selon les standards internationaux et, par voie de conséquence, la mise en place de procédures de gestion a posteriori. Autrement dit, une fois celle-ci restituée dans son intégralité à la partie algérienne.
Les relations de la Seaco avec les pouvoirs publics tout au long de ces dernières années ont plutôt été ombrageuses, comme cela a été régulièrement consigné dans les colonnes des quotidiens nationaux d'information. Les brouilles sporadiques ayant pour origine, chaque fois, des disfonctionnements dans la distribution de l'eau : rupture, fuites, réparations sommaires en raison de leur récurrence. Qualifiés de «couacs» par les confrères, ces successions d'évènements ont conduit, après les coups de gueule du wali, du premier édile, à agacer vraisemblablement l'ancien ministre en charge des ressources en eau, qui a eu à interpeller les opérateurs économiques concernés, en l'occurrence la Seaco et la SEM, allant jusqu'à brandir la menace d'une résiliation du contrat.
En l'état actuel des choses, et au vu des avancées réelles, par comparaison aux dispositions contractuelles, il y a très peu de chances que les délais soient respectés compte tenu des retards enregistrés, comme en a convenu d'ailleurs le P-dg de la SEM lors de son intervention. Peut être cité, à titre d'exemple, le centre de formation qui n'a pas encore vu le jour, même si la Seaco s'est évertué à faire dispenser des cours dans des espaces propriétés de l'ADE qui ne sauraient toutefois répondre aux standards en la matière. Comme la qualité, la compétence, voire la disponibilité des enseignants est demeurée quelque peu sujette à caution comme confié, sous le sceau de la confidentialité, par quelques cadres du secteur. Ceci étant, en matière de retards les torts sont partagés et même si la partie française n'a jamais osé attaquer frontalement son vis-à-vis, ces retards sont généralement du fait de la partie algérienne pour bien des raisons : instabilité du personnel, grèves à répétition, personnel non qualifié, difficultés à importer les équipements, lenteurs administratives et surtout bureaucratiques. Quoique, jeudi passé, Loïc Fauchon n'a pas cherché à dédouaner la Seaco, admettant avec humilité que ses «services avaient une part de responsabilité», en rappelant néanmoins qu'entre deux séquences situées l'une avant que la Seaco n'entame sa mission et aujourd'hui c'est pratiquement le jour et la nuit. Ce qui n'est pas dénué de vérité. Il y a cinq ans Constantine était une ville à la limite de l'aridité.
Ceci étant, en faisant du P-dg de la Société des eaux de Marseille l'émissaire français très officiel, l'Etat français, à travers le maire de la cité phocéenne, en l'occurrence Jean Claude Gaudin, mène à croire que la cause est entendue compte tenu de l'importance de la démarche sur la durée, puisqu'il s'agit d'un concours de la municipalité marseillaise et forcément tout ce qui gravite autour d'elle en matière d'associations artistiques, techniques, culturelles, sportives pour la préparation et l'organisation de l'évènement majeur auquel se prépare la wilaya de l'est «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». Les interlocuteurs français se prévalant évidemment de leur expérience habituelle mais également de celle tirée plus spécifique, puisque pour 2013 la ville de Marseille est capitale de la culture européenne.
Et puis autant le dire, la reconduction du contrat de la SEM serait tout bénef pour un pays pratiquement en récession et que toute conquête économique extérieure quel qu'en soit le prix à payer ne pourrait qu'être salutaire. D'autant plus que la mairie de Marseille est loin d'être négligeable pour l'UMP (opposition) à moins d'une année des élections municipales. La réussite professionnelle, voire de conquête à l'étranger, d'une entreprise hexagonale par les temps qui courent a son poids dans les urnes le jour «J». Conclusion : d'un côté une partie qui veut s'assurer de la bonne conduite d'un évènement culturel majeur dont elle n'a ni les moyens techniques, ni les compétences humaines et encore moins l'expérience et, de l'autre, une partie fragilisée par une conjoncture économique sans précédent et la nécessité d'en profiter pour se maintenir à la tête d'une mairie inexpugnable pour qui s'y installe.
A. L.
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