De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Présence en force des représentants des syndicalistes du Snapap, Snte et Ugta, au cours de la journée de jeudi dernier au lycée
El-Hourya de Constantine. Cette rencontre a fait se déplacer des délégués des syndicats évoqués à partir de l'ouest, du centre et du sud, voire de l'extrême sud du pays. La raison était de premier ordre, il s'agissait en effet pour les syndicalistes d'unifier leurs rangs et ce quelle que soit l'obédience de l'organe qu'ils représentent, même si cette unification ne concerne que la catégorie professionnelle des corps communs, dont le poids est plus que considérable dans les rouages des institutions et autres établissements publics, mais une réalité qui, toutefois, ne pèse même pas un roupie de sansonnet dans la balance de la justice sociale à l'endroit des salariés concernés. Leur dispersion et le mode de représentativité éparpillé sur des syndicats à l'objectif plus généraliste comme le Snapap, l'Ugta et/ou plus spécifique ou spécialisé comme la Snte et, à un degré moindre, d'autres organes des différents secteurs d'activité (enseignement, santé, fonction publique) n'ont jamais de fait permis de sensibiliser les pouvoirs publics sur l'extrême solitude des corps communs et par voie de conséquence encore moins d'espérer faire aboutir leurs revendications.
Mais il semble pour le moins assez significatif et important de souligner que même au niveau de la tribune dressée dans l'un des espaces scolaires du lycée El Hourya, les propos tenus par les animateurs de la rencontre et les intervenants invités étaient des plus contradictoires pour ne pas dire délibérément opposés et à la limite de la dénonciation réciproque du discours démagogique des uns et des autres.
Mohamed Latafi, porte-parole de la direction de wilaya de l'éducation, invité à prendre la parole l'a fait en sa qualité d'ancien militant de la cause des travailleurs de l'enseignement dira : «Je tiens à vous le dire ici en face et sans fard, vos difficultés ne sont que l'expression des errements des syndicats. En réalité, ils n'ont jamais défendu votre cause et ont, pour certains, privilégiés plus leur carrière et leur confort personnel que votre situation social. Ne prenez pas pour argent comptant tout ce qui pourra vous être dit.» Ceux, en l'occurrence les organisateurs qui l'avaient invité à prendre la parole, s'en sont, sans nul doute, mordus les doigts. Néanmoins, celui-ci semblait avoir raison dans la mesure où un secrétaire national de la Snte prendra d'autorité le micro pour interrompre l'un des orateurs de la tribune et préciser que celui-ci «intervenait en tant que militant et non plus en tant que membre actif du syndicat», ajoutant «qu'il avait été remplacé la veille, à l'issue d'élections, par un autre cadre»
C'est dire que tout était plutôt sous-tendu par des considérations par trop individuelles mais également de velléités plutôt peu avouables.
Seul, Layachi B. secrétaire national, chargé de l'organique au Snapap, tiendra un discours cohérent en s'attaquant aux procédés dyarchiques des pouvoirs publics en démontant notamment la nature même de la disposition réglementaire dite «87-bis» laquelle, est-il besoin de le rappeler, serait la cause des maux des travailleurs en matière d'augmentation réellement tangible des salaires. Il agitera pour ce faire l'article 3 de la loi 90-11 amendée (relations individuelles de travail) laquelle stipule que «les personnels civils et militaires de la Défense nationale, les magistrats, les fonctionnaires et agents contractuels des institutions et administrations publiques de l'Etat, des wilayas et des communes, ainsi que les personnels des établissements publics à caractère administratif sont régis par des dispositions législatives et réglementaires particulières», et demandera : «Pour quelle raison nous applique-t-on une disposition qui ne nous concerne pas finalement '»
Il rappellera que tel qu'elle se pose et restera posée, la question d'une solution à la situation des agents des corps communs est peu probable, précisant son propos en déclarant qu'«il y a nécessité d'unir nos forces indépendamment de l'organe que nous représentons. Depuis 1990, la situation des agents des corps communs n'a pas évolué d'un iota pour la simple raison que leur action était de fait diluée parce que les difficultés n'étaient posés que ponctuellement et en général dans un secteur bien déterminé. Or, qu'il appartienne à l'administration wilayale, à la santé, l'APC, l'éducation, l'enseignement supérieur un agent des corps communs est régi par les mêmes dispositions statutaires».
Et de fait, les représentants des syndicats présents ont pris l'engagement d'appeler et surtout d''uvrer à la création d'une coordination nationale de la catégorie professionnelle des corps communs et tout ce qu'elle peut receler dans ses rangs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com