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Le calvaire hydrique au quotidien CONSTANTINE



Le calvaire hydrique au quotidien                                    CONSTANTINE
L'objectif H24 est loin d'être généralisé puisque de nombreux quartiers de la ville sont encore soumis au rationnement.
Nous sommes à moins d'une année de l'expiration du contrat de partenariat signé entre l'Algérienne des eaux et l'Office national d'assainissement, d'une part, et Les Eaux de Marseille, d'autre part. Dans ce contrat, il est stipulé que l'opérateur français doive assurer, en cinq années, un approvisionnement continu en eau potable d'une population avoisinant un million d'habitants. En plus de cette opération de modernisation du réseau de distribution payée cash par l'Etat algérien, il a été convenu que Les Eaux de Marseille prennent en charge le volet de la formation et de la mise à niveau de l'ensemble du personnel. Qu'en est-il aujourd'hui' L'objectif H24 est loin d'être généralisé puisque de nombreux quartiers de la ville sont encore soumis au rationnement. Certes, des cités entières reçoivent désormais l'eau potable d'une manière régulière, ce qui constitue un progrès, mais la situation demeure assez inquiétante dans la mesure où des milliers de familles vivent toujours avec la hantise de la pénurie.
La faute incombe-t-elle à la SEM qui n'a pas su se hisser au niveau du «défi» technologique posé par la configuration géologique et urbaine de Constantine' Quels sont les arguments que la société française pourrait exposer afin de justifier tous ces retards' D'anciens responsables du secteur de l'hydraulique évitent de jeter la balle dans le camp de la SEM, et estiment qu'une importante opération comme la réhabilitation d'un réseau AEP semblable à celui de Constantine n'aurait jamais dû être lancée presque simultanément avec d'autres chantiers d'envergure tels le tramway et le pont géant. De nombreux citoyens partagent ce point de vue, mais n'hésitent pas à pointer un doigt accusateur vers la SEM qui, selon eux, ne semble pas avoir honoré son contrat dans le domaine du transfert du savoir-faire. Pour s'en convaincre, affirment-ils, il n'y a qu'à voir ces innombrables fuites d'eau potable qui ne sont jamais réparées selon les normes. Ce n'est qu'un détail, mais un indice explicite qui reflète la situation. Une situation qui devient insupportable pour le citoyen. Trop c'est trop. Si les travaux du tramway gênent la vie quotidienne du citoyen, ceux de l'Algérienne des eaux l'étouffent. Les réparations multiples à la traîne ne renseigne-t-elle pas sur une incompétence avérée de cette société' Les routes sont devenues impraticables et les mots demeurent faibles pour décrire le calvaire des Constantinois. Ils doivent supporter la lenteur des travaux, mais aussi être contraints de passer au centre-ville à pied du fait que le transport n'existe presque plus. Les chauffeurs de taxi refusent désormais de prendre les clients ou exigent des sommes qui donnent le tournis en raison des axes en déficit. Combien de temps vont durer ces contraintes' Des mois, c'est sûr, et la situation est à la limite du soutenable et risque d'exploser en ayant raison de la patience du citoyen. L'Algérienne des eaux a déjà fait l'objet de manifestation de la part des citoyens à Mansourah y a quelques semaines, quand ces derniers ont décidé d'investir la rue, obligeant le directeur de la société à se déplacer lui-même sur les lieux. Des scènes semblables ne sont pas à écarter à ce rythme et risquent d'engendrer l'irréparable.
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