
Le brome, cette plante herbacée envahit de plus en plus les régions céréalières en Algérie, au point de menacer les rendements, comme l'attestent les chiffres de la direction des services agricoles (DSA) de Constantine : 936 ha de blé infectés par le brome durant la saison 2014-2015. Une infestation qui inquiète les agriculteurs et les services concernées, c'est ce qui en ressort du colloque organisé, hier, au palais de la culture Malek Haddad de Constantine qui a réuni les professionnels de la région est. Une rencontre organisée par la DSA, dont le but est de sensibiliser et d'expliquer comment lutter contre cette herbe particulièrement envahissante et qui perturbe sérieusement le rendement des parcelles de blé. Azzedine Alimi, expert tunisien en agriculture, a parlé de l'expérience de nos voisins de l'Est dans la lutte contre le brome, expliquant qu'il y a treize espèces de cette plante recensées en Afrique du Nord, dont la plus problématique et la plus répandue : le brome rigide ou Bromus rigidus. Alimi travaille régulièrement en Algérie et a fait part de son inquiétude quant à la prolifération de cette herbe, surtout dans les wilayas de l'est du pays. Les changements climatiques, le manque de communication ou encore le faible recours au labour profond sont autant de facteurs qui favorisent l'infestation du brome. « En Algérie, le brome est en train d'occuper des superficies importantes, et ce, dans toutes régions céréalières, comme à Sétif et Constantine où les conditions sont plus ou moins défavorables pour l'application des herbicides. Nous avons remarqué une augmentation des superficies infestées par cette herbe, mais aussi une augmentation du nombre de brome dans la superficie, c'est-à-dire qu'en moyenne, on enregistre 50 à 150 pieds de brome par mètre carré. Or, nous sommes arrivés jusqu'à 500 pieds, voire 1.200 par mètre carré dans certains cas, ce qui est énorme. Il faut savoir que cinq pieds seulement de cette herbe réduisent le rendement de 5% par mètre carré du blé, et pour 50 pieds, ça peut atteindre les 80%, sachant que dans un mètre carré, nous avons de 100 à 180 pieds de blé.Les solutions existent, telles que le recours au labour durant l'automne ou encore en retardant ou en changeant la densité des semis par hectare », nous a-t-il indiqué. Afin de réduire les risques de prolifération de cette plante et sauver les récoles de blé, l'Etat algérien refuse systématiquement les récoltes infectées de brome, une mesure radicale mais nécessaire selon les experts participant à cette journée. Parmi les recommandations suggérées par les participants, on insiste sur les méthodes naturelles telles que la rotation surtout celle des légumineuses, éviter les pâturages, le nettoyage du matériel agricole ou encore le labour profond, et les traitements chimiques avec les herbicides.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kaïs Benachour
Source : www.horizons-dz.com