
Il n'en fallait pas plus qu'une reculade du gouvernement ou plus précisément de la ministre de l'Education nationale à propos des vacances scolaires d'hiver pour que les partis islamistes redoublent d'acharnement et d'attaques acerbes à l'endroit de Nouria Benghabrit.Le chef de file du groupe parlementaire du Front pour la justice et le développement (FJD) n'y est pas allé, en fait, avec le dos de la cuillère pour tirer à boulets rouges sur la ministre de l'Education nationale en la désignant cette fois-ci comme «un véritable danger pour l'ordre public».Lakhdar Benkhelaf qui animait hier à la salle de l'ex-UP de Constantine, une conférence dite de consultation regroupant les militants de sa formation et ceux du désormais allié, Ennahda en l'occurrence, a déterré la hache de guerre, remilitarisant ses troupes contre le péril pour le pays que constituerait à ses yeux Mme Nouria Benghabrit dont «la démarche obéirait à un agenda qu'elle a consigné dans ses propres écrits».Une femme qui serait à même d'embraser le pays selon le député du FJD et non moins bras droit d'Abdallah Djaballah, et qui gère le secteur de l'éducation «selon sa propre idéologie aux antipodes des valeurs du peuple algérien et celles transcrites dans la déclaration du 1er novembre puisqu'elle ne cache aucunement son irritation vis-à-vis de la foi (la religion) et de la langue arabe».Et d'estimer qu'auparavant, la sagesse des élèves, des enseignants et des syndicats de l'éducation avait déjà prévalu pour éteindre les étincelles attisées par la touche de Mme Benghabrit et qu'il aurait fallu à chaque fois des interventions in extremis du premier ministre réduit au strict rôle de pompier devant l'envergure prise par la ministre de l'education qui serait indéboulonnable puisque soutenue, selon lui, par des lobbys occultes à l'intérieur et à l'extérieur du pays.Un abcès de fixation auquel tentera d'échapper le tumultueux député du FJD en stigmatisant les membres du gouvernement mais aussi l'hémicycle dont-il est issu.La composante de cette dernière, le Parlement proprement dit, serait ainsi devenue un bureau d'enregistrement pour le gouvernement et, pis encore, une voix zélée pour défendre son action. Une dénonciation que Benkhelaf assimile à un devoir envers les électeurs qui ont accordé leur confiance à des députés indignes, prêts à tout pour renouveler l'aventure d'une nouvelle mandature. «Un parlement en congé forcé depuis plus d'un mois et qui n'aura servi à rien ou presque depuis cinq années», a-t-il estimé en qualifiant le mandat de députation qui tire à sa fin.Le gouvernement, ses renoncements et ses volte-face ne sont pas en reste dans les propos vitriolés de Lakhdar Benkhelaf qui comparera le revirement sur la question des vacances scolaires à d'autres replis concernant les dossiers du gaz de schiste, l'importation des véhicules de moins de trois ans, le scandale de Dounia Parc ou encore la loi sanitaire que le pays attend depuis trente ans et qui se retrouve renvoyer aux calendes grecques.En somme, l'orateur reproche à certains ministres en particulier des décisions irréfléchies et aux cinq gouvernements depuis 2012 en général, des politiques aléatoires qui ont fini ces derniers jours par l'octroi d'offrandes et autres largesses aux détenteurs de l'argent sale.Une déliquescence qui aurait atteint son paroxysme selon lui, au point d'ouvrir à des élèves la voie pour donner des leçons aux intendants de la nation. D'ailleurs, pour mieux pourfendre ces politiques, Benkhellaf révèlera que pas moins de 15 responsables de wilaya du dispositif Ansej seront entendus par la justice pour des faits inhérents à la corruption et/ou à la mauvaise gestion, ce qui n'est pas minime pour trahir la stratégie du gouvernement en termes d'insertion des jeunes chômeurs et de création des postes d'emploi.Concernant l'alliance stratégique d'intégration signée mardi dernier entre le FJD et le parti Ennahda par les leaders des deux formations, Abdallah Djaballah et Mohamed Douibi, Lakhdar Benkhelaf soulignera que ce cadre est le résultat d'un projet qui date de 2008 et qu'en fait, vient sceller la réunion des efforts au sein d'une même famille après une séparation qui n'a que trop duré. Une ligue ouverte au demeurant aux autres partis de la mouvance islamiste et ou nationaliste, a tenu à préciser le député du FJD qui réfute que l'objectif de la coalition en question soit électoraliste.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K G
Source : www.lesoirdalgerie.com