
A l'image d'un monde arabe bousculé par le terrorisme, les idéologies extrémistes, notamment les interventions étrangères de tout bord, le cinéma n'en est pas moins épargné. Transposition, peu ou prou concrète, de l'amère réalité qui déchire de nombreux pays, le septième art arabe, porteur par vocation des valeurs humaines, tente souvent par les moyens du bord, de se frayer un chemin dans la voie de la paix et de la réconciliation entre les différentes confessions et cultures, censés apaiser les tensions actuelles. Le sujet a été au c?ur d'un colloque organisé, dimanche dernier, en marge des Journées du film arabe primé qui se tiennent depuis vendredi, à Constantine. Les participants ont tous convergé vers le mot d'ordre « la tolérance en partage ». Critique de cinéma, auteur et réalisateur irakien, Kadhem al-Selloum a vivement déploré le peu d'intérêt accordé par le cinéma arabe à ce thème « fondamental et vital devant le chambardement qui secoue plusieurs pays de la région ». Tout en pointant du doigt les dirigeants politiques qu'il accuse d'attiser la haine entre les différentes composantes des sociétés, le cinéaste a fait sien l'engagement pour un cinéma qui plaide en faveur de la tolérance et de la réconciliation. Bien qu'ils ne dominent pas les grands écrans, de nombreux réalisateurs arabes ont, selon lui, ?uvré dans cette noble voie. Il citera les films de Youcef Ouahbi, Fouad al-Djazarli, Youcef Chahine s'inscrivant dans la lutte contre toute forme de violences et de discriminations confessionnelles, culturelles, ethniques ou politiques. « Le cinéma arabe a fortement besoin de ce genre de films dans l'espoir de contribuer à l'apaisement des tensions et à l'instauration de la paix et de la tolérance comme critères du vivre-ensemble », a-t-il émis le v?u en prenant comme exemple deux célèbres films sur les deux grandes figures de la résistance pacifique, Nelson Mandela et Ghandi.De son côté, le critique algérien, Abdelkrim Kadri, après avoir esquissé un bref rappel historique de la naissance du cinéma algérien dans les maquis durant la guerre de Libération, et cité ses pionniers, Réné Vautier, Jaques Charby, Pierre Clément, Abdelkader Chanderli, a axé son intervention sur les trois films. « L'Oiseau », « Le retour de l'enfant égaré » et « Pourquoi Alexandrie ' » du cinéaste égyptien, ami de l'Algérie, Youcef Chahine. Une trilogie qu'il considère comme « le parangon du cinéma militant pour la tolérance, de l'ouverture et du respect de l'autre ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A G
Source : www.horizons-dz.com