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La seule conviction du directeur de la culture ne suffit pas Désertification culturelle et artistique à Constantine



La seule conviction du directeur de la culture ne suffit pas                                    Désertification culturelle et artistique à Constantine
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Aux yeux du reste des Algériens, Constantine plus que n'importe quelle autre ville du pays rayonnerait sur le plan culturel, artistique, scientifique, etc. Porter le nom de capitale des sciences, l'art et la culture tel qu'à chaque fois claironné dans les discours officiels qu'ils relèvent du visiteur étranger briefé par ses hôtes, d'un élu d'une commune d'une wilaya limitrophe, d'un ministre et jusqu'au président de la République, doit s'assumer.Un statut obligé qui polarise peu l'intérêt des responsables à hauteur de l'administration locale, exception faite du directeur de la culture qui, forcément, dispose un peu plus de temps libre. L'activité culturelle et artistique est plus visible le week-end. Evidemment, les plages de repos hebdomadaires servent à cela en ce sens qu'elles contribuent à mettre à la disposition des habitants des loisirs qui leur feraient oublier, un tant soit peu, le stress cumulé tout au long de la semaine. Dans la réalité, c'est moins facile, c'est même plus compliqué pour une cité qui n'a plus aucune salle de cinéma fonctionnelle, un théâtre qui ouvre ses portes occasionnellement, une maison de la culture réduite, depuis l'interdiction d'accès ou d'utilisation de la grande salle de spectacle en raison de gros risques pouvant porter atteinte à l'intégrité physique des spectateurs, à un petit espace qui n'accueille que des activités minimes et néanmoins régulières tout au long de la semaine, mais également un hall des plus lugubres avec une ambiance glauque. Et le paradoxe dans ce désert est en l'occurrence le directeur de la culture et sa débordante énergie. Il s'évertue depuis des mois à entretenir et maintenir en état de veille une dynamique enclenchée depuis son installation. Avant sa désignation à la tête de la Direction de la culture, l'activité artistique, toutes natures confondues, était en hibernation et si des manifestations étaient organisées il ne s'agissait, dans le sens péjoratif du terme, que d'actions folkloriques. Toutefois, il serait également logique de souligner que l'overdose d'énergie dépensée en ce sens par le directeur a tout intérêt à être relativisée dans la mesure où sur le plan qualitatif, les activités proposées au public ont pour particularité de ne pas très haut voler sur le plan intellectuel et culturel ou ne ciblent en général, non sans une intention délibérée et à la limite de la discrimination, que le public maîtrisant la langue nationale et si tant est qu'il arrive que l'invité soit plutôt francophone, il lui est très aimablement suggéré d'intervenir dans ladite langue. Ce qui, forcément, dénature parfois et le propos et l'intelligence du thème. Et la réalité étant ce qu'elle est, il n'empêche pas moins que la multiplication «d'évènements» organisés par la Direction de la culture depuis plus d'une année a d'avantageux qu'elle redonne, même si ce n'est que par phénomène d'illusion, une fébrilité à l'action ulturelle et si elle ne fait pas que convaincre une partie de la population emballée par l'activisme du directeur de la culture, elle donne tout aussi l'impression de la rassasier. Bien entendu, cela ne peut qu'être salué pour la simple raison qu'il s'y trouve quelque chose de positif. Il faut pourtant éviter de trop focaliser le regard sur les grands espaces que sont le palais de la culture, le théâtre, les salles de cinéma, la maison de la culture qui n'accueillent des activités démonstratives et à l'ostentation notoire que sporadiquement pour certains et périodiquement pour d'autres et le porter plutôt sur les nombreuses maisons de jeunes répartis à travers la wilaya, les communes, cités, faubourgs où des nuées de jeunes aussi bien filles que garçons s'affairent, surtout s'acharnent à donner un semblant de vie à des lieux condamnés à la désertification culturelle s'il ne tenait qu'à la disponibilité et la volonté des responsables à hauteur des institutions concernées.
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