La ville a veillé jusqu'à la dernière étoile, vendredi. Et comment pouvait-il en être autrement dans le fief de l'un des plus anciens clubs de football dans l'histoire algérienne. Voilà près de trois décennies que l'ultime trophée africain est attendu. La population a anticipé sur l'issue du match.Prévu à 20h, heure locale, les supporters ont commencé à parader à travers les artères principales dès 18h, juste après la fin du 22e acte de la contestation.
La qualification de notre équipe pour la finale de la CAN était en soi une victoire. Décrocher le sacre pour une seconde fois, c'est encore mieux. «Cette deuxième étoile tombe à pic, le peuple avait besoin d'un tel exploit hautement fédérateur, particulièrement en cette période», dira un citoyen, croisé à El Coudiat, sorti manifester sa joie avec sa famille.
A peine quelques minutes après le coup de sifflet final de l'arbitre, sonnant la défaite de l'adversaire sénégalais, les Lions de la Teranga, jeunes et moins jeunes ont déboulé au centre-ville pour exprimer leur liesse, drapés de l'emblème national ou portant le maillot tricolore, offrant ainsi des images d'euphorie, de communion ou tout simplement de bonheur.
«Nous sommes heureux d'être les champions de l'Afrique et de savourer cette victoire, d'autant que pour celle de 1990, nous n'étions pas nés», nous lancent des vingtenaires à bord d'un véhicule. C'était la fête ! Tous ont chanté et dansé jusqu'au petit matin sur des tubes dédiés au sport-roi.
Les femmes aussi étaient dehors pour célébrer cette date, désormais inscrite dans l'histoire du football mondial. «Nous sommes là pour partager cette joie que l'équipe national et son sélectionneur Belmadi, nous ont procurée», dira Amira. Elle était avec ses s'urs, sa mère et son frère sur les gradins du stade Benabdelmalek Ramdane.
«Nous avons regardé le match sur l'écran géant installé à l'intérieur du stade, nous avons pensé que ce sera plus facile, dans le cas d'une victoire, de sortir célébrer l'évènement, nous qui habitons la banlieue», a-t-elle ajouté. Et elles sont nombreuses ces femmes qui ont foulé hier le sol d'un stade pour la première fois de leur vie. Constantine, qui ploie sous des siècles de conservatisme, marque ainsi une petite révolution.
«J'avoue que voir des femmes investir ce lieu habituellement antre exclusif des supporters masculins, me réjouit énormément. Cela prouve que des barrières tombent et que la société progresse. Toute avancée désormais est à inscrire sur le compte du hirak qui, faut-il le rappeler autant de fois qu'il est nécessaire, a libéré tout le peuple», reconnaît Naziha, militante associative.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naïma Djekhar
Source : www.elwatan.com