
Problème de taille, depuis longtemps posé: celui du paramédical qui s'est gravement atomisé, en partie à cause des départs en retraite (1000 paramédicaux sont concernés à brève échéance!) et en partie suite à la déliquescence d'une formation devenue par trop sélective.Après l'effroi, l'émoi. Les images insoutenables de la maternité du CHU de Constantine sont encore dans toutes les mémoires, preuve de l'état dégradant et sinon même avilissant dans lequel se trouvent la plupart des établissements de santé du pays. Le ministre en charge du secteur, Abdelmalek Boudiaf, est confronté au défi du tonneau des Danaïdes car le problème réside dans la connexion de multiples carences humaines, matérielles et juridiques tout à la fois. Il faut dire que l'abandon des infrastructures a commencé depuis fort longtemps, les soins à l'étranger ayant fatalement creusé un fossé entre les citoyens qui dirigent et ceux qui contemplent une situation de plus en plus critique. Pourquoi un tel laisser-aller a-t-il pu se faire' Comment les différents responsables à l'échelle des daïras et surtout des wilayas chargés de la santé publique et de la réforme hospitalière n'ont-ils pas tiré la sonnette d'alarme en temps opportun'Une des raisons a trait à la drogue des statistiques qui permet de présenter un tableau des plus roses là où la tutelle ne pourra voir que du feu! Plus de 60 hôpitaux ont été construits durant le premier plan quinquennal au niveau d'un ensemble de daïras choisies en vertu de critères objectifs (densité de la population, distance par rapport au chef-lieu etc.) Du matériel moderne et des équipements de qualité ont été mis à leur disposition. Puis vogue la galère. La gestion se fait cahin-caha et les mauvaises habitudes reviennent toujours au galop. Problème de taille, depuis longtemps posé: celui du paramédical qui s'est gravement atomisé, en partie à cause des départs en retraite (1000 paramédicaux sont concernés à brève échéance!) et en partie suite à la déliquescence d'une formation devenue par trop sélective, une sélection hélas à contre-courant des exigences de la modernité et de la compétitivité rigoureuse. Autant de défaillances, autant de régressions dont l'impact sur la qualité des soins ne pouvait être que négatif. Si l'on y ajoute les contraintes diverses telles que la déliquescence des services des urgences, les rapports toujours tendus et parfois violents entre le personnel médical et les familles des patients, voire les patients eux-mêmes, on comprend que la santé est vraiment malade et qu'il lui faut une thérapeutique de choc pour retrouver quelques signes de rémission. Parmi ces signes, le nombre des praticiens, leur rappel à l'ordre en termes de déontologie car beaucoup parmi eux travaillent dans les cliniques privées et font semblant de travailler dans les établissements publics, leur stimulation et leur récompense en fonction de leurs aptitudes et de leur dévouement, nombreux aussi sont ceux qui respectent le serment d'Hippocrate, il faut le dire, et la relance des programmes de formation et de perfectionnement qui doivent profiter en priorité au personnel paramédical.Autre enjeu que le secteur doit prendre à bras-le-corps, celui de la sécurité, à défaut de sérénité, les agressions physiques ayant pris le dessus sur les agressions verbales dans la majorité des hôpitaux. On l'a vu ces jours derniers à Annaba, mais le dépassement existe un peu partout. Personnel médical surmené, public exacerbé par les attentes interminables et l'apparente froideur des services d'accueil et de prise en charge, des ingrédients supplémentaires qui n'excusent en aucun cas les dérapages auxquels on assiste de plus en plus souvent.Le système de santé d'un pays est d'une importance capitale. La mission de Abdelmalek Boudiaf est de ce fait primordiale même si elle exige des efforts colossaux. Il s'est attelé à la tâche, conscient d'une course contre la montre. Trouvera-t-il toute l'aide et le soutien que mérite une telle entreprise de salubrité publique' A priori, le doute est permis mais la manière dont il a débarqué à Constantine, puis multiplié des salves en direction des établissements publics et privés, est pleine de promesses. Pourvu que la machine ne soit pas grippée ou pire désarticulée, au moment fatidique...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com