Entre la sourde oreille du directeur de l'éducation et les pressions policières, les contestataires sont plus que jamais déterminés.
Voilà déjà vingt jours qu'environ 200 enseignants contractuels, professeurs de lycée, titulaires de DES (soit bac+4) et diplômés de l'ENS occupent le parvis de la direction de l'éducation de Constantine, observant un sit-in «illimité» pour protester contre l'éviction dont ils ont fait l'objet du concours organisé le 12 août dernier, lequel, selon eux, n'était qu'«une odieuse manipulation et un procédé peu honorable dont l'objectif vicieux et lâchement inavoué visait uniquement, dès le départ, le recrutement des éléments issus du système LMD».
Une enseignante, l'une des porte-parole désignés par ces contractuels, dénonce avec amertume : «Nous n'avons même pas vu les résultats de ce concours où les diplômés du LMD ont été retenus, avec des notes catastrophiques pour la majorité ; il faut reconnaître qu'ils sont eux-mêmes des victimes puisqu'ils n'ont aucune expérience dans le domaine de l'enseignement et encore moins dans la spécialité exigée. Nous voulons avoir des postes permanents, car nous avons été exploités trop longtemps.»
Durant près de trois semaines de protestation, pas un jour ces contractuels n'ont été écoutés ou reçus par le directeur de l'éducation qui, officiellement, est toujours «retenu ailleurs».
«Que pourrait-il en effet dire ou faire face à cette situation ubuesque où le pouvoir qui n'a pas hésité à sacrifier des générations entières à des expériences ayant fait de l'école algérienne l'une des plus tristes au monde, désavoue aujourd'hui son propre produit '», lance un autre enseignant dans la mêlée.
Autre fait : ces enseignants ont été, durant ces 20 jours, souvent malmenés par les éléments de la police judiciaire présents sur les lieux. Trois enseignantes ont carrément été frappées, d'après ce que nous avons lu dans le rapport quotidien établi par les protestataires. Des agents de la direction de l'éducation ont même tenté de les disperser en dirigeant un véhicule sur eux, faisant mine de vouloir les écraser, toujours selon ce rapport.
A l'heure où nous mettons sous presse, les contestataires scandaient des slogans hostiles à tous les responsables du secteur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Hamadou
Source : www.elwatan.com