
On l'a rencontrée en marge des Journées du film arabe primé de Constantine. Nina Najjar est passionnée par le travail du réalisateur Eli Dagher. Passionnée par ses créations au point d'en devenir sa directrice de production pour son film Maoudj 98. Un court métrage de quinze minutes qui revient sur les tendances, vagues, au court de l'année 1998 à Beyrouth, au Liban. Cette histoire a commencé alors que les deux amis étaient encore à la faculté et s'est terminée comme un conte de fée par une palme d'or puis une sélection au prestigieux festival Sundance aux Etats-Unis. La force de Nina Najjar est d'avoir toujours su et compris que le travail d'Elie Dagher méritait une reconnaissance à l'échelle internationale. Elle y a cru alors fortement et a porté ce projet sur la plus haute marche des festivals mondiaux. Ce court métrage met en scène le quotidien d'un jeune adolescent plongé dans le brouillard de sa génération. Un brouillard qui ne laisse filtrer la lumière que par l'écran d'un poste de télévision avant qu'une espèce de Mammouth machine ne s'impose au c?ur de la cité. C'est au c?ur de l'imaginaire d'un enfant qui, pour la première fois, se sent bien. Elle a accepté de nous en parler.Le Temps d'Algérie : C'est votre première participation à une manifestation en Algérie, avez-vous une idée sur le cinéma algérien 'Nina Najjar : Pas vraiment. Cependant, je connais quelques Algériens qui vivent à Dubaï et au Qatar. Ce sont de bons amis. J'aime l'esprit algérien. Ils sont toujours ouverts et super gentils. A Constantine, c'est une belle ville et j'ai été très bien accueillie.Vous êtes d'abord l'amie de Elie Dagher et ensuite la directrice de production de son film Maoudj 98, comment tout a commencé entre vous 'L'histoire a commencé par un projet personnel d'Elie Dagher. Un projet où il voulait se faire comprendre et comprendre sa relation avec Beyrouth. J'ai connu Elie à l'université. J'ai toujours été fan de lui. J'admire son travail et chaque fois, je lui disais, il faut faire quelque chose. Allons-y, faisons-le. Bien sûr, les années sont passées, chacun a fait sa vie mais on continuait à se dire, il faut faire quelque chose. Evidement, comme pour chaque projet, il nous fallait un financement. Et nous avons commencé à faire des démarches auprès de l'Arab Art Founding Qatar. Et ils nous ont soutenus.Vous obtenez le financement mais le film tarde à voir le jour, que s'est il passé 'Au départ, la production devait prendre cinq à six mois et au final, il nous a fallu deux années pour voir l'aboutissement. Deux ans, c'est beaucoup. Le retard est dû à plusieurs paramètres. Il y a eu l'écriture, la production, le dessin. Il faut garder en tête que le réalisateur est presque seul pour dessiner tout le film. Il n'y pas une équipe de dix ou vingt personnes qui l'accompagne. Le réalisateur a aussi besoin d'être supervisé, il a besoin des avis pour lui dire si c'est bon ou pas. Même si, au final, c'est lui qui décide et que personne ne peut réellement lui dire si c'est bon ou pas ! Il y a eu des collages à faire aussi, de vraies vidéos, des images?De l'université à la Palme d'or à Cannes, vous l'aviez imaginé ou tout simplement rêvé 'Quand Elie m'en a parlé au départ, comme c'était un film d'animation, il était difficile de visualiser le résultat final. La façon dont s'est construit, puis développé le film, cela à une approche différente. Je pense que ceux qui ne connaissent pas le travail d'Elie ne peuvent pas vraiment comprendre ce qu'il essayait de faire. Comme je le connais, je sais qu'à la fin de la journée, ça va être un sujet super beau. Mais franchement, je ne m'attendais pas qu'on aille à Cannes encore moins obtenir une palme d'or. Je ne suis pas surprise, je sais qu'il est bien, qu'il le mérite mais je ne pensais pas qu'on irait aussi loin.Qu'est-ce qui a changé depuis la Palme d'or 'Honnêtement, rien du tout. Nous sommes toujours les mêmes. C'est vrai que les portes s'ouvrent plus facilement depuis. C'est assez difficile parce que pour faire des films libanais, ce qu'on aime, c'est toujours aussi compliqué de trouver des financements même avec la palme et même si Maoudj 98 a été sélectionné pour participer au festival de Sundance aux Etats-Unis. Nous allons dans l'Utah à la fin du mois de janvier, on verra bien ce qui s'y passera.Combien a coûté Maoudj 98 'Nous avons reçu de la fondation 30 000 dollars pour le faire mais en réalité cela à couté beaucoup plus. Nous avons eu des frais supplémentaires notamment pour envoyer le film dans les festivals.Entretien réalisé par
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Hadj Amar
Source : www.letempsdz.com