De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi
Trente-neuf partis et probablement une liste indépendante. Soit une riche coloration politique teintée d'opportunisme, de l'avis de quelques citoyens locaux. «Les nouvelles formations se frotteront en l'espace d'une journée aux bureaux de vote pour disparaître à jamais», lâche un groupe de jeunes. Ainsi les listes électorales closes, la population analyse différemment la composante devant la représenter au prochain scrutin du 10 Mai. Le spectre du boycott plane chez les citoyens que l'on a accostés. Et s'il y a v'u d'aller à l'isoloir au jour J, ce sera sans nul doute pour un choix de sanction en faveur, par-dessus tout, du revenant, le vieux parti de l'opposition, le FFS. «Rien que pour sa crédibilité et sa continuité dans le combat démocratique loin des enjeux d'opportunisme, j'offrirai mon bulletin au parti d'Aït Ahmed», témoigne un universitaire avide du changement allant avec les valeurs de la République et loin des visions de l'islam radical. D'aucuns étayent à Constantine cette thèse de suffrage en faveur du FFS. «Désavouer les autres formations politiques au profit des forces sociales reste la meilleure façon d'exprimer son ras-le-bol envers des partis qui n'ont rien fait pour les localités encore moins pour l'Algérie profonde», enchaîne un autre citoyen. Sur un autre angle, traité par un adhérent du vieux parti unique, «les islamistes ont fait du chemin et n'ont jamais cessé de travailler. C'est un véritable travail de fourmi qu'ils élaborent sans être loin du bas-fond de la société», contrairement aux listes du FLN, sujettes à diverses contestations et critique. «Leur représentativité est loin des critères qu'on connaît au front.» Certaines classes locales estiment cependant que les têtes de listes de quelques partis pesants, comme le RND ou le FLN, ne reflètent pas l'image «fiable» de la ville. «Le Rassemblement démocratique a fait dans le populisme en y insérant des entrepreneurs et le Front de libération a introduit des personnes vraiment déconnectées de la société», soutient-on encore. En clair peu d'engouement se manifeste pour le vote il est même des voix qui «clament» l'absence de crédibilité avant terme. Sceptiques, la plupart des personnes ancrées dans la société civile à Constantine et non seulement dans les salons de la «tchatche», estiment que le pourcentage de participation sera timide et que «les islamistes de l'alliance ou ceux de Djaballah, scindés, ne pourront dominer la composante car elle se trouve divisée par des divergences internes». Par ailleurs l'équilibre qui pourrait bien surgir de listes indépendantes crédibles n'a pas encore dit son dernier mot. Après un premier rejet, la liste indépendante dénommée «Espoir» aurait été acceptée. Là aussi la population garde son opinion. Pour enfin dire que le désintéressement bat son plein et seules les têtes de listes tentent de donner au suffrage une dimension grandiose dont elles ont le secret. Ce qui n'est pas le cas, du moins pour l'heure, pour la société rompue et rodée'Les essais antérieurs semblent l'avoir amplement convaincue. Mais la messe n'est pas encore dite.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N H
Source : www.latribune-online.com