Les prix de venteau détail de la pomme de terre ont atteint, hier, à Constantine des seuilsinégalés en pareille saison. Au marché central de Boumezzou, le kilo de celégume de base était offert à 60,00 DA en moyenne.En plus, sur lesquelque trente carreaux que compte ce marché, seuls deux commerçants vendaientde la pomme de terre, de deuxième choix, qui trouvait difficilement preneur àce prix. Comme la «patate» régule le comportement des autres légumes, les prixde ces derniers s'en ressentent et prennent de la hauteur, nous diront lesvendeurs de Boumezzou.Au marché degros, dans la zone industrielle, l'on rencontre devant l'entrée principale unenoria de camions, dont quelques-uns transportent de la pomme de terre en vracet non conditionnée. Les ventes en gros se font à la criée et les camions nedaignent même plus entrer dans l'enceinte de ce marché pour écouler leursproduits. A ce niveau, également, l'on assiste à une envolée des prix quiatteignent en moyenne 55,00 DA et même 60,00 DA, ce qui ne laisse pas de margeet laisse augurer une hausse importante sur les prix au détail pour lesprochains jours. A l'intérieur dumarché de gros, seuls quelques grossistes offrent quelques quantitésnégligeables de pomme de terre. Interrogés, ils parlent de pénurie et deconcurrence déloyale, en désignant les camions qui s'agitent à l'extérieur del'enceinte. Comment expliquer cette pénurie et ces prix inhabituels en pareillesaison ? Pour en connaître les principales causes, nous nous sommes adressésaux services de l'agriculture, qui ont tenu à souligner, en premier lieu, queConstantine n'est pas une région de forte production de pomme de terre. Cetteannée, nous dit-on, il a été programmé la plantation de 300 hectares de celégume. Et compte tenu de la rareté des superficies irriguées et du manque desemences, il n'a été réalisé qu'une centaine d'hectares, dont la productiondoit bientôt arriver sur le marché, sans pour autant influer sur l'évolutiondes prix.Dans les zones degrande production, avec au nord El-Harrouch et la région du Tell et au sud deAïn Kercha, Ouled Hamla, Aïn M'lila dans la wilaya d'Oum El-Bouaghi, l'onsignale, selon nos interlocuteurs, de fortes attaques de mildiou qui ont décimécertaines parcelles dans ces wilayas et réduit sensiblement la récolte. Cephénomène s'explique par le passage de journées marquées par de l'humiditécouplée à de fortes chaleurs qui ont favorisé le développement du mildiou.Constantine, qui reste une zone de forte consommation, a attendu vainement lesimportations de ce légume de base, comme cela avait été annoncé, il y aquelques mois. En tout état de cause, elle ne peut plus compter sur les wilayaslimitrophes pour constituer des stocks et réguler les prix de détail.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Benkartoussa
Source : www.lequotidien-oran.com