Constantine - A la une

La peur a changé de camp



L'été, c'est dans moins d'un mois. Les Algériens commencent déjà à préparer leurs vacances et semblent décidés à en profiter pleinement après en avoir été privés, l'année dernière. Ces derniers gardent encore en mémoire, les longues journées chaudes où ils étaient obligés de rester cloîtrés chez eux; plages, forêts et autres espaces publics étant fermés en raison de la crise sanitaire. Certaines familles avaient même passé leur temps à jouer au chat et à la souris avec les services de sécurité, en se rendant sur les plages désertes pour profiter, furtivement, de la brise marine. Mais l'ère de la «clandestinité» semble révolue puisque aujourd'hui, le déconfinement est quasi total à l'exception de 4 heures de restriction (entre minuit et 4h du matin) maintenue dans une vingtaine de wilayas. Une interdiction de circuler qui n'affectera nullement les projets de vacances des citoyens, sauf bien évidemment, l'explosion à nouveau des cas positifs de Covid-19. Une hypothèse qui n'est pas à écarter, surtout que ces derniers jours, la courbe des contaminations est en croissance continue en raison de l'apparition des nouveaux variants britannique et nigérian en Algérie. Cependant, même avec le risque d'une nouvelle propagation du virus, les choses ne seront plus comme avant. Car, le virus fera face à des citoyens «expérimentés», non pas forcément parce qu'ils ont déjà été contaminés, mais ces derniers ont pris le pli, depuis près de 15 mois, à suivre les consignes de sécurité. Certes, les Algériens ne vivent pas dans la hantise d'attraper le coronavirus, mais ces derniers appliquent au moins l'une des mesures d'hygiène de port du masque, de la distanciation sociale, de l'utilisation du gel hydro-alcoolique ou tout simplement de se laver fréquemment les mains. Ces gestes sont devenus innés chez la majorité de la population qui, même lorsqu'elle est réfractaire à respecter scrupuleusement le protocole sanitaire, se voit dans l'obligation de le faire pour pouvoir accéder aux administrations, dans les commerces ou certains lieux publics. L'autre raison qui fait que l'appréhension d'une nouvelle vague de la pandémie a grandement baissé, est le fait que cette maladie a été maîtrisée. Premièrement en Algérie, grâce aux restrictions strictes imposées dès l'apparition du virus et en second lieu, dans le monde entier après la découverte d'une panoplie de vaccins pouvant prémunir contre la pandémie. Faut-il rappeler qu'au moment où des pays comptaient les contaminations par centaines de milliers, l'Algérie continuait à enregistrer des taux très faibles de moins de 200 nouveaux cas quotidiens, grâce à l'isolement qu'elle s'est imposé. Aujourd'hui, en décidant de rouvrir partiellement ses frontières et malgré le protocole sanitaire strict imposé aux voyageurs, cela pourrait augmenter les risques de propagation du virus, surtout que le pays est parmi les derniers à assurer une large vaccination à ses citoyens puisque à peine 1% de la population a été vacciné après 3 mois du lancement de l'opération. Cependant, ce risque s'est fortement amoindri avec les larges campagnes de vaccinations qui ont été opérées par de nombreux pays, notamment européens. De ce fait, il sera possible de maintenir le contrôle sur la pandémie jusqu'à septembre, mois durant lequel l'Algérie entamera sa fabrication du vaccin Spoutnik. L'usine Saidal de Constantine produira les premières doses avant que la production ne soit, ensuite, élargie aux laboratoires privés. Avec une aussi bonne nouvelle, les Algériens ont toutes les raisons de passer sereinement l'été. Même avec un masque collé au visage, ils ont droit de penser aux grandes escapades et de se préparer à profiter du soleil en entendant le clapotis des vagues. Car, aujourd'hui, la peur a changé de camp et c'est au virus qui a bouleversé le mode de vie de la planète entière, de se préparer à être vaincu et définitivement.
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