
Abdelhamid LemiliPourtant, face à cette lente pénétration ce qui retient le plus l'attention est cet incontestable élan de solidarité des habitants à l'endroit de populations soumises à un exode forcé en raison des conflits qui agitent leurs pays. Cette solidarité est d'autant plus présente qu'il s'agit en général de personnes vraisemblablement paisibles comme en témoigne la présence d'enfants à leurs côtés. Toutefois, leur accroissement considérable de jour en jour commence très sérieusement à susciter des interrogations auprès des Constantinois. Ceci non par rejet épidermique de l'étranger, loin s'en faut, mais beaucoup plus par la gestion de ladite présence dans un cadre organisé, bien entendu, par les services concernés et/ou compétents représentant les pouvoirs publics.À hauteur de la cellule de communication de la direction de la sûreté de wilaya de laquelle nous nous sommes rapprochés la semaine écoulée, nous n'avons point obtenu de réponse même si celle-ci reste réservée selon les propos de son responsable, lequel nous en a assuré après avoir référé avec la hiérarchie. Evidemment, nous n'avons rien vu venir. Mieux encore, notre interlocuteur s'est montré plutôt perplexe par rapport à notre démarche et surtout sur les raisons pour lesquelles nous nous interrogions sur une telle situation, allant même jusqu'à rappeler que ce n'était pas «uniquement la ville de Constantine qui était concernée. Cette vague de migrants est vécue par le reste des autres régions. Alors en quoi cela intéresserait-il votre reportage '».En fait, comme nous l'avons indiqué précédemment, si ces «hôtes», sans doute présents à titre temporaire sur le sol algérien, sont acceptés, voire littéralement pris en charge par la population, il n'en reste pas moins pour les services de l'Etat de le faire dans un cadre organisé et non pas de les laisser livrés à la rue où, inévitablement, un ras-le-bol se manifestera à moyen ou long terme. Dans notre démarche, nous avons appris que l'une des mesures qui sera prise incessamment serait de fournir un gite décent à ces migrants, dont nul ne sait la destination une fois la nuit tombée, qui consisterait en leur hébergement au sein des établissements scolaires une fois ces derniers définitivement libérés par les examens de fin d'année, notamment celui (examen) du baccalauréat. Et si, jusqu'ici, en mendiant ils vivent ou vivotent grâce à la générosité desConstantinois, cette assistance ne risque pas d'avoir une réelle efficacité et encore moins d'être dispensée dans des conditions et des lieux décents une fois le mois de Ramadhan arrivé, sachant que la majorité des migrants est musulmane.Il y a lieu de souligner également que le fait qu'ils soient hébergés dans des établissements scolaires durant l'été n'est qu'une solution provisoire et surtout aléatoire, lesdits établissements devant retrouver leur vocation une fois la rentrée scolaire, à son tour, arrivée. En somme beaucoup de considérations desquelles il faudrait tenir compte dans l'immédiat, d'anticiper sur des solutions dont seuls les pouvoirs publics nationaux ont connaissance, compte tenu du fait que toute mesure intervenant en ce sens est d'abord et avant tout humaine tout en pesant considérablement sur le plan politique national et international. Quoiqu'il en soit, la morale recommanderait de ne pas oublier que ce que vivent ces cohortes humaines déplacées ne leur est pas spécifique et surtout donc de se souvenir que cela n'arrive pas qu'aux autres.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com