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« La musique andalouse se porte bien »



« La musique andalouse se porte bien »
Il est sans conteste l'un des plus illustres porte-voix de la musique andalouse, particulièrement du malouf. Interprète prolifique et doté d'une voix subliminale, ce digne fils spirituel du grand maître du genre, Hassan el-Annabi, nous livre, dans cet entretien, ses souvenirs, ses idées et, surtout, son engagement sans nuance dans la voie de la préservation et de la mise en valeur de ce prestigieux patrimoine musical qu'est la musique andalouse. Décryptage...Votre récent passage à la salle Ibn Zeydoun, à Alger, lors du 9e Festival international de la musique andalouse et des musiques anciennes, a fait fureur parmi le public qui vous a fortement ovationné. Finalement, vous comptez beaucoup de mélomanes dans l'Algérois...Bonjour à tous les lecteurs de notre cher quotidien. Déjà, je tiens à remercier les responsables du festival de la musique andalouse et des musiques anciennes, et à leur tête M. Rahmaoui Aissa, pour m'avoir donné cette occasion de m'exprimer artistiquement devant un public algérois merveilleux qui me poussa à donner le meilleur de moi-même. Donc je pense que mon passage restera gravé à jamais dans ma mémoire.Après avoir été un élève assidu du grand maître du malouf, Hassan el-Annabi, vous voilà trôner sur le siège du genre et vous êtes considéré, aujourd'hui, comme l'un de ses plus illustres porte-voix. Comment vivez-vous ce statut 'Si vous jugez que je suis un porte-voix de cet art 4ce ne sera pour moi qu'un immense plaisir, mais d'un autre côté, c'est vraiment un lourd fardeau et une tâche ardue de prendre le relais des grands chouyoukh qui nous ont initiés à cette musique, et encore merci beaucoup de me considérer comme tel.Cette posture vous permet d'avoir un ?il critique et objectif sur la scène musicale, notamment la musique andalouse et le malouf. Qu'elle en est votre appréciation 'La musique andalouse en général se porte bien à mon avis, à voir les festivals qui s'organisent çà et là, la grande affluence du public et l'intérêt immense porté à cet art, sans oublier l'aide morale et matérielle donnée par l'Etat pour conserver ce genre à sa juste valeur. On peut dire que cette musique a de beaux jours devant elle.Croyez-vous en la capacité de la nouvelle génération de relever le défi de la préservation et la mise en valeur du malouf comme l'ont fait bien avant les grands maîtres du genre, tels el-Hadj Tahar el-Fergani, Hassan el Annabi, Mohamed el-Kourd... 'Oui, bien sûr, une pléiade de jeunes montrent un grand désir, et surtout une certaine envie concurrentielle pour gravir les échelons, donc à partir de tous ces efforts on peut imaginer l'aisance dans le passage du relais. Le résultat on le voit lors du passage des différents artistes et associations dans les festivals.Prenez-vous part à cette noble entreprise qu'est la formation de jeunes talents 'J'ai hérité beaucoup de choses de mon professeur Hassan el-Annabi Allah Yarahmou, dont le sens et la pédagogie de la formation. J'ai formé pas mal de gens qui ont leurs noms sur la scène artistique, j'ai aussi créé l'association El Moubaraka et l'orchestre pilote de la ville d'Annaba, une idée du regretté Mohamed Mounib Sandid, wali de Annaba Allah Yarahmou qui a vu en mes capacités de diriger les orchestres une belle occasion de redonner à la ville son bien perdu depuis plus de 40 années. Donc l'orchestre est composé d'une vingtaine de musiciens, jeunes et pleins d'ambition, avec l'aide morale de mon ami Mouloud Bensaid de Constantine.Contrairement à beaucoup d'interprètes de malouf, vous puisez dans un répertoire varié tel que le chaâbi et le hawzi pour ne citer que ces deux genres. Expliquez-nous cette influence...Très bonne question. C'est une occasion pour moi d'expliquer certaines choses que beaucoup de gens ignorent sur moi. Ma carrière artistique commença par l'école de musique, c'est à dire le solfège et le violon dont je suis diplômé, puis il y eut cette classe de la musique andalouse créée par Cheikh Hassan El Annabi en 1971, ajoutez à cela la classe de Charki sous la houlette du Syrien Karzoun et du Tunisien Sadeq Traya, sans oublier mon passage dans le genre chaâbi de 1978 à 1980. Avec tout cet amalgame de genres, j'ai réussi à me faire un style qui me diffère des autres chanteurs, je pense que c'est là où réside tout le secret.Qu'en est-il de vos productions personnelles 'Je suis en contrat avec les Editions El Amir de Constantine depuis 2012, avec comme objectif de produire deux albums chaque année. On en est au 5e numéro. Donc, plusieurs titres sont déjà sortis à l'instar de Ya mahla sahrat ellila, Hanene, Nedjma, samra, hannini etc.Des projets 'Je suis dans les studios pour la préparation des différents albums, et puis je prépare l'évènement qu'est « Constantine capitale de la culture arabe » inchallah.


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