
La richesse des détails et l'aspect narratif invitant à la réflexion, associés à de belles couleurs, constituent les spécificités de l'art de la miniature indienne, a indiqué lundi à Constantine l'artiste indien Sanjay Kumar Soni lors d'un workshop sur les techniques de la miniature.L'artiste qui animait, dans le cadre de la 8ème édition du festival culturel international des miniatures et de l'enluminure ouvert samedi soir au palais de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, un workshop sur les techniques de la miniature, a précisé à l'APS que chaque région de son pays "se distingue par un style de miniature propre", citant les traditions Pahari, Rajasthani et l'école Moghole.Affirmant qu'au fil des ans, "la miniature, un moyen d'expression fusionnant le passé et la culture lointains de ce pays et la vie actuelle", M. Soni a souligné que les artistes miniaturistes en Inde continuent d'utiliser "des matériaux naturels" ce qui, selon lui, "fait la grande réputation de l'école indienne dans cet art".Dans les détails, l'artiste a souligné que le papier sur lequel des merveilles sont dessinées est souvent "en fibres végétales" (bambou ou chanvre) teintées avec des décoctions de feuilles d'indigotier ou de safran. Il a expliqué que même les pinceaux utilisés sont en poils de chèvre ou d'écureuil.Pour les couleurs, l'artiste dont l'atelier a drainé beaucoup d'étudiants de l'école des Beaux-Arts de Constantine et des dizaines d'artistes invités des quatre coins du monde, a dévoilé que les belles teintes déposées dans des valves de coquillages sont "des pigments d'origine naturelle ou minérale".Le noir se fabrique avec du carbone, le blanc provient du céruse (substance blanche fabriquée à partir de carbonate de plomb, ndlr), le jaune et l'orange s'obtiennent à partir de soufre ou d'écorce de henné, le bleu de l'azurite, a-t-il poursuivi soulignant que des "couleurs indiennes typiques" sont également obtenues depuis "la flore spécifique de l'Inde".Souvent l'artiste-miniaturiste, a ajouté M. Soni, fabrique lui-même ses couleurs pour faire ressortir au mieux les détails de l'oeuvre, ses subtilités, et mettre en valeur "la richesse du paysage indien".Organisé dans le cadre de la manifestation "Constantine capitale 2015 de la culture arabe", le festival des miniatures et de l'enluminure permet d'admirer 235 oeuvres picturales, oeuvres de 45 artistes des pays arabes et musulmans et de 28 artistes algériens, tous en lice pour décrocher un des prix de cette 8ème édition.Mohamed Djehiche, président du jury composé d'artistes turcs, iraniens, indiens et algériens, a souligné, à ce propos, que l'originalité du sujet, la technique, le dessin, l'harmonie et l'ornementation sont les critères qui départageront les concurrents.De leur côté, les artistes algérois Hakim Benhamouda et Amel Daifallah, souhaitant "une large diffusion de l'art de la miniature", ont souligné que le fait de côtoyer de "grosses pointures" de cet art, notamment les iraniens et les indiens, permet de "se perfectionner en s'abreuvant de cet art fascinant".La française Odette Monnier a considéré, quant à elle, que Mohamed Racim demeure "le maître absolu de la miniature" en Algérie et constitue une source d'inspiration pour beaucoup d'artistes.Les lauréats de cette 8ème édition du festival seront connus les 31 octobre prochain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz